DÉCOUVERTE

Vingt mille curieux se sont lancés à la poursuite de l’eau

Par D. A. le 14.09.2009 à 00:05

Les Journées du patrimoine se sont déroulées sur une vingtaine de lieux ce week-end.

Pourquoi faut-il toujours ramener le bilan d’un beau week-end à quelques chiffres? La 15e?édition vaudoise des Journées du patrimoine s’est déroulée samedi et dimanche en une vingtaine de lieux. Coordinatrice de ces visites, balades et conférences, Dominique Rouge Magnin n’a enregistré que des échos positifs, et c’est ce qui compte.

L’objectif n’est pas d’attirer le plus grand nombre possible, explique-t-elle, mais d’aborder des thèmes révélateurs. Cette année, «le patrimoine au fil de l’eau» ouvrait moins de résidences privées au public que lors des éditions précédentes. D’où un effritement de l’affluence en termes statistiques: 15?000 à 20?000 participants, contre 29?000 en 2007.

Le monde n’a pourtant pas manqué: 4000?personnes à la Poudrière d’Aubonne (lire ci-dessous); 1700 au château de L’Isle pour remonter jusqu’à la source de la Venoge; et une soixantaine au Marchairuz pour comprendre que le Jura est «une passoire naturelle». Soixante, ce n’est pas tant? Eh bien, les guides du Parc jurassien vaudois n’en demandaient pas davantage, d’autant que leur parcours à travers pâturages et forêts n’était au programme que samedi. Ce qui importait, c’était la qualité des auditeurs, à qui l’on a expliqué à quel point la question de l’approvisionnement en eau est omniprésente dans une contrée karstique.

Décidé à l’échelle nationale, le thème de l’an prochain exigera lui aussi une attention soutenue. Son intitulé: «Patrimoine et cycle de vie».


La poudrerie d’Aubonne, manufacture d’un autre temps

Jamais ouverte au public, la poudrerie d’Aubonne a dévoilé une partie de ses secrets. Non pas de l’alchimie qui permet de fabriquer les poudres noires de la meilleure qualité au monde. Mais ceux des installations, restées ancestrales, qui permettent de les préparer. Les bâtiments sont encore dans leur état d’origine. Le public était invité à découvrir ceux qui, «au fil de l’eau», utilisent la force hydraulique de l’Aubonne, dérivée par un petit canal.

Ici, on fabrique la poudre explosive comme au Moyen Age, avec un mélange compressé de soufre, de salpêtre et de charbon de bois, celui-ci étant fabriqué sur place. Dans l’un des ateliers à visiter, on réduit en poudre la matière compactée préalablement, grâce à des meules actionnées par roue à eau.

Une opération qui n’est pas sans risques, la moindre pièce métallique dans le processus de fabrication, pouvant, par frottement, provoquer une explosion. Les visiteurs étaient d’ailleurs priés d’éteindre leur portable.

Les variétés de poudres noires produites à Aubonne, dernière manufacture en Suisse en activité, sont utilisées essentiellement pour les armes anciennes et les canons. La plus grande partie de la production part ainsi aux Etats-Unis, en Italie ou au Japon. Le reste est utilisé pour les charges explosives dans les gravières, pratiquement plus pour les feux d’artifice, son application première. A noter que l’armée utilise aujourd’hui des poudres synthétiques.

La poudrerie a été construite dans le vallon de La Vaux en 1853 par mesure de sécurité afin de remplacer la manufacture située auparavant à Echandens. Lorsque, en 1996, la Confédération a décidé de la fermer, le canton de Vaud a repris cette activité, toujours rentable.

JEAN-MARC CORSET

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