Ce qui se passe aujourd’hui au Lausanne Hockey Club est bien pire que tout échec sportif. Pire encore qu’une relégation. L’actionnaire canadien Barry Alter vient de démembrer le club, usant de méthodes dignes du Far West. Sans la moindre considération pour l’extraordinaire travail accompli depuis quatre ans par les dirigeants du LHC, Alter a commis un coup de force prémédité: jeudi déjà, il convoquait notre journaliste pour une réunion agendée à hier, avec l’intention de «donner des infos».
En conflit ouvert avec les administrateurs locaux, homme lige de l’omnipotent Chris McSorley (Genève-Servette), Barry Alter joue sur deux tableaux. Le premier: il vide le club de sa substance, place ses pions, et ouvre grande la place pour Chris McSorley, qui prendrait le contrôle à Lausanne.
Deuxième scénario: il met ainsi la pression sur de potentiels repreneurs vaudois, pour qu’ils réunissent une somme qui satisfasse son appétit de businessman. Le reste, il s’en moque.
Cet épisode catastrophique montre à quel point il est dangereux d’être aux mains d’un homme d’affaires établi à des milliers de kilomètres, qui sert lui-même de relais aux intrigues et aux luttes de pouvoir. Aujourd’hui, il y a urgence. Pour sauver le club, l’ensemble des passionnés de hockey du canton doit se mobiliser en masse, dès ce soir à 17?h?30, à la fête de fin de saison organisée à Malley. Et les personnalités vaudoises qui œuvraient déjà en vue de soutenir le club doivent tout faire pour réunir une somme suffisante très vite, et chasser l’importun qui dépèce le LHC. Pas le temps de tergiverser, sinon tous ceux sur qui reposent les bases du succès, de l’entraîneur aux meilleurs joueurs, s’en iront. Et le hockey à Lausanne retournera à l’âge de la pierre.
La révolte a commencé!