BEAUX-ARTS

Les opposants au musée veulent un Grand Rumine

Par VIVIANE MENÉTREY le 06.11.2008 à 00:00

Bellerive ou le centre-ville? A moins d’un mois du scrutin qui dira si les Vaudois acceptent le crédit d’étude d’un nouveau musée au bord du lac, les référendaires rappellent leurs arguments en faveur du site de la Riponne.

Le photomontage est des plus simples: la maquette du nouveau Musée des beaux-arts présentée par le canton est grossièrement posée sur un Léman gris et surplombée d’un ciel brumeux. Barricadé en diagonale d’un bandeau jaune pétant: «Non au crédit d’étude de Bellerive!» C’est sûr, vu sous cet angle, le projet d’un musée au bord du lac ne fait pas rêver.

Ça tombe bien, le comité référendaire «Pas au bord du lac!», auteur du dépliant, ne veut pas du projet du Conseil d’Etat. Il compte bien convaincre les Vaudois de voter non au crédit d’étude du futur musée le 30 novembre prochain. Mais le temps presse, et les arguments des pour et des contre commencent à sentir le réchauffé.

Hier, les opposants ont décidé de frapper fort en réunissant leurs têtes d’affiche dans l’entrée du Palais de Rumine. Au programme: l’ancien directeur de la cinémathèque Freddy Buache, l’ancien directeur du Musée de l’art brut Michel Thévoz, ou encore Franz Weber. Jusqu’ici très discret, le bouillant écologiste a fustigé «l’inculture» du projet de Bellerive et «l’escamotage» du Palais de Rumine. «On a toujours refusé de le montrer, mais c’est le chef-d’œuvre dont les parisiens seraient heureux!»

Car l’idée des anti-Bellerive est bien de faire du neuf avec du vieux: réaliser un Grand Rumine, où cohabiteraient les musées des beaux-arts et de zoologie, sans être à l’étroit, grâce à la transformation du bâtiment et à l’ajout de volumes sur la place de la Riponne. L’occasion pour le canton d’avoir une véritable politique culturelle globale, estiment les opposants, et non plus de «saucissonner» les lieux.

Trois possibilités au centre

Grands défenseurs de cette réhabilitation, le directeur des Archives de la construction moderne Pierre Frey et le muséographe Julien Goumaz ont tour à tour présenté leurs variantes pour garder les collections au centre-ville. Le premier en soulignant «l’extraordinaire potentiel du palais», à l’instar de l’ancien Prado, à Madrid, réhabilité il y a peu. Son idée, déplacer la Bibliothèque cantonale et universitaire à l’extérieur, et réaménager l’espace laissé libre pour les collections du musée. «Mais Rumine ne résout pas tout», prévient Pierre Frey. Et de proposer la création d’un bâtiment à deux niveaux sur la place de la Riponne, à l’endroit de l’ancienne Grenette.

Autre variante: l’aménagement de l’ancien cinéma Romandie, «pour y mettre des stocks visitables», et la création, en surface, d’une halle d’expo temporaire, explique Julien Goumaz. L’idée d’un nouveau bâtiment sur la rue du Tunnel, au-dessus des anciennes pompes à essence, est aussi avancée. Coût des projets? Trop tôt pour le dire, mais à coup sûr moins cher sur le long terme, assure-t-il.

Surtout, un musée au centre-ville permettrait à la Riponne d’acquérir son statut de place et de dynamiser l’espace, s’enthousiasme le muséographe. «Car les volumes sont là. »

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