SAINT-LÉGIER

Musée ou pas, les élus ne veulent pas lâcher Hauteville

Par STÉPHANIE ARBOIT le 14.09.2009 à 00:04

Entre 120 et 150 édiles de la Riviera ont visité samedi matin le site en lice pour accueillir le Musée cantonal des Beaux-arts. Qui a été retiré de la vente publique.

«Pour une fois que nous sommes tous d’accord!» L’exclamation est d’Yves Filippozzi, président de la section Vevey et région des Verts. C’est que les 120 à 150 élus de la Riviera présents samedi matin sur le site d’Hauteville font bloc sur un point: l’endroit est extraordinaire et il faut en faire quelque chose.

A court terme, il concourt pour accueillir le Musée cantonal des Beaux-arts. Mais les élus sont sceptiques. Non pas que la qualité du projet soit en cause, mais l’impression générale est que la capitale du canton veut ce musée chez elle et pas ailleurs. «Je n’ai rien contre Lausanne. Mais en lisant et en écoutant les déclarations de Bernard Fibicher, le directeur du musée actuel, et de notre ministre Anne-Catherine Lyon, j’ai l’impression que leur vision cantonale est assez limitée au chef-lieu», exprime Laurent Wehrli, député au Grand Conseil.

Conséquence: les élus de la Riviera se projettent déjà dans le long terme, et l’idée d’acquérir le domaine fait son bout de chemin. «Ce pourrait être notre Hyde Park ou Central Park, le poumon vert de la Riviera», s’exclame le conseiller communal boéland Jacques Vallotton. Il enfourche pour l’occasion son cheval de bataille favori, la fusion des communes de la région: «Si nous avions fusionné, ce serait une bagatelle! Et nous pourrions vendre une parcelle au bas du parc, à la limite de La Tour-de-Peilz, pour payer le musée.»

Une vision partagée par le syndic Franz Brun. Qui ajoute: «A la fin des années 1950, Corsier a acheté la maison de commune et le parc Chaplin. Un gros investissement pour l’époque, pas évident à comprendre à l’échelle d’une commune mais qu’on peut comparer avec l’achat du site d’Hauteville à l’échelle de la Riviera.»

«Si on pouvait éviter à ce château d’être une ruine et ne pas tomber dans les vicissitudes qu’a connues le château de l’Aile!» anticipe Etienne Rivier, président du Conseil communal de Vevey.

Prix fixé à 50 millions
Le site – qui a longtemps cherché acquéreur pour des montants oscillant entre 30 et 80 millions – a été retiré de la vente publique dans l’attente d’une décision politique quant à son avenir. Le prix pour l’acquisition, par les pouvoirs publics, du château et d’une partie du terrain (27 hectares sur les plus de 50?que compte la propriété) a été fixé à 50 millions. «Le domaine a été proposé à des prix différents pour des conditions et des surfaces différentes selon les époques et les demandes», explique l’administrateur, Michel Colatruglio. Qui n’est pas définitif: «C’est le prix souhaité pour l’une des plus grandes propriétés de tout l’arc lémanique. Mais si les politiques la veulent, il faudra peut-être mettre sur pied un comité d’experts neutres pour faire une nouvelle estimation.»

Journée portes ouvertes?
Pourquoi avoir ouvert le parc seulement aux édiles et pas à toute la population pendant les Journées du patrimoine? «Nous avançons pas à pas. Si le projet va plus avant, nous étudierons la possibilité de faire une grande fête pour faire découvrir l’endroit au grand public.»

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