Au plat du jour, hier, au Restaurant Manora de la place Saint-François: l’annonce de la fermeture de l’établissement avant la fin de l’année. Avec 1300 clients chaque jour, le restaurant battait des records de fréquentation au centre-ville. On ne sait pas pour l’instant quel commerce prendra la place du restaurant. Au siège du groupe Manor, à Bâle, la responsable de la communication avec les médias, Elle Streinbrecher, confirme la nouvelle.
La fin d’un bail, des travaux importants à la charge du locataire et une augmentation de loyer sont à l’origine de la décision de la fermeture de ce temple lausannois de la restauration bon marché ayant son pas-de-porte sur la place chic de la capitale vaudoise. «Les nouvelles conditions d’exploitation ne nous permettent plus de rentabiliser ce restaurant place Saint-François», explique Elle Streinbrecher.
Au siège du groupe, à Bâle, on affirme que tout sera fait afin que les 42 collaborateurs (24 à temps plein et 18 à temps partiel) soient recasés au sein du groupe, prioritairement sur l’arc lémanique. Le groupe exploite 27 restaurants Manora, dont deux à Lausanne. Le second restaurant Manora de Lausanne, rue Pichard, n’est pas touché par la fermeture. Le groupe a réalisé en 2010 un chiffre d’affaires de 2,987 milliards de francs.
Rendements serrés
Chez Gastrovaud, la surprise est totale. L’association faîtière de la restauration vaudoise ignorait tout de ce bouleversement. Mais son président, Frédéric Haenni, conçoit qu’une augmentation de loyer puisse fait renoncer à l’exploitation d’un restaurant: «La restauration n’est pas un secteur d’activité à forte valeur ajoutée et les rendements sont extrêmement serrés.»
Du côté du propriétaire de l’immeuble, l’important groupe suisse PSP, spécialisé dans la gestion de portefeuille immobilier, c’est le silence. Impossible de connaître l’ampleur des travaux qui font fuir Manor, impossible de connaître la future attribution des locaux.
Moins d’embouteillages
Pour les Lausannois, une page importante se tourne. Au lendemain de la guerre, à la place du Manora se trouvait une salle de cinéma – le Cinéac de Charles Broenimann, avec ses actualités. La salle de spectacle fermera ses portes en 1969. Viendra ensuite le temps de la restauration. D’abord Saison d’Or, puis Croco. Le Manora est entré dans le groupe Manor il y a cinq ans. Depuis la rue, le banc de glace où reposaient fruits et jus de fruits avait de l’allure.
Conséquence indirecte pour les automobilistes, la circulation pourrait s’améliorer le matin place Saint-François. En effet, depuis dix ans au moins, les camionnettes de livraison du restaurant ont toujours créé de redoutables embouteillages, capables de faire un bouchon allant au-delà de la place Chauderon, jusqu’à l’avenue d’Echallens.
Au bon temps du Cinéac
En 1938, Charles Broenimann, preneur d’images, ouvre au Grand-Chêne le Cinéac de Lausanne. Comme l’historien du cinéma Roland Cosandey l’écrivait dans nos colonnes en 2005, le Cinéac tourne en permanence entre 14?h et 23?h.
A l’affiche, une demi-heure d’images locales, faites maison, et une demi-heure d’actualités internationales. Suivaient parfois des dessins animés.
En 1945, quelque 225?000 personnes prirent place au Cinéac, visionnant des actualités aussi bien américaines qu’allemandes, françaises ou italiennes. Après la guerre, le Cinéac déménage à la place Saint-François, à l’emplacement du Manora. Charles Broenimann meurt en 1967. Son Cinéac disparaît en 1969.
C'est bien dommage, car j'apprécie vraiment ce resto, où l'on peut trouver de bons desserts et des salades à toute heure de la journée, pour un prix plus que raisonnable. Il va me manquer !
Ah bon, moi qui pensais que c'était beaucoup trop cher. J'aurais dû y retourner depuis, mince.
Et bien sûr, à la place de cet endroit accessible: un resto à sushis (35 fr. la pièce), un vendeur de montres dont la moins chère sera à 12'250 fr., des lofts à louer pour 6850 fr. par mois sans les charges!
Il se dit à l'étranger que tout les Suisses sont riches, mais c'est bien sûr!
Alors vive la richesse!
Quand j'étais gosse, il y avait un cinéma, "Le Cinéac", où se trouve ce restaurant.
Je suis vraiment attristée pour tous ces employés souriants et sympas qui vont perdre leur boulot.
J'apprécie particulièrement la caissière du matin qui connaît toutes les habitudes de ses clients et prépare la consommation, le journal ou autres dès qu'elle nous voit franchir le seuil du restaurant.
Un tout grand merci à cette employée efficace et très professionnelle.
Ce lieu va me manquer, c'est sûr!
S'il y a un resto à Lausanne qui est bon marché, sympa et délicieux, c'est bien ce Manora.
Voilà une page qui se tourne, dommage, j'aimais vraiment ce restaurant. Il va me manquer!
Dommage que cette sorte de restauration rapide, mais d'une qualité et d'une variété excellentes sur le plan nutritionnel et diététique disparaisse. Pourvu qu'il ne vienne pas une usine à hamburgers malsains et bourrés de gras pour le remplacer...
Ah, non! pas un McDonald, manquerait plus que ça sur la place Saint-François!
Ayant été directeur de l'établissement précédent, le Saison d'Or (entreprise avec 3 restaurants, le Steak House, le Passpartout et le Quatre Saisons), premier restaurant de Lausanne à avoir introduit une salle non-fumeurs (1968), je regrette cette décision, mais la comprends. Le loyer de mon temps était déjà exorbitant! N'est-ce pas, Messieurs les anciens propriétaires?
Et voilà comment la main invisible, bienfaisante et régulatrice du sacro-saint marché tue une ville...
Super, en lieu et place une boutique de luxe dont tout le monde se fiche!
Dommage! Où allons-nous aller déjeuner, ma fille, mes petits-fils et moi, le samedi matin avant d'aller faire le marché? C'est un endroit bien situé (de notre avis surtout) et le personnel est sympathique.
Le plus dur sera de faire comprendre au petit Esteban que, le samedi matin, il devra passer sans s'arrêter et qu'il n'aura plus son croissant, son bircher, son jus et son Ovo... Ah, là là, que de larmes en perspective...
Voilà un autre endroit sacrifié à l'empire du fric, y en a marre! Les gens qui bossent là-bas sont des personnes tellement aimables, sympas, gentilles et bosseuses. Qui a décidé de les mettre dans un tel état de stress, alors qu'elles ont un boulot qu'elles aiment? Réveillons-nous, ça suffit!
Oh oui, un Burger King à Lausanne, oh oui, oh oui, oh oui!
Ben, quoi! Mieux vaut 1300 touristes-millionaires-étrangers-quinquagénaires, qui dépensent par mois en moyenne 50'000 fr. pour une Lorex, que 1300 travailleurs-employés d'ici qui ne dépensent "que" 20 fr. quotidiennement pour l'assiette du jour. N'est-ce pas, Messieurs les gestionnaires de portefeuille immobilier?....
C'est trop con... On avait redécouvert cet endroit avec des copines et on y allait volontiers après les cours manger une pâtisserie ou boire un délicieux thé froid fait maison, c'était chouette... Pourquoi les endroits comme ça disparaissent systématiquement au profit de trucs comme le Starbuck, aux prix exorbitants, ou de fast-foods? Aigreur.
Rendez-nous notre Cinéac !!!
Yes, un Burger King !
Encore un endroit sympa et diversifié qui disparaît! Pour retrouver quoi à la place? Une de ces enseignes qui ont déjà plusieurs points de vente à Lausanne? Fast-food, opérateur de téléphonie, magasin de vêtements ou alors des boutiques de luxe...
Les Lausannois apprécieront... Nul de chez nul.
Ah... s'il y a un Burger King à la place, youpi! :)
C'est dommage... mais je me pose la question de ce qu'ils vont en faire surtout! Vu l'excellence de ce qui a été fait aux "Portes Saint-François", juste en face (où il n'y a jamais personne, à se demander comment ils font pour survivre d'ailleurs...).
Au début de l'ouverture du restaurant, il était bien. Mais cela a diminué de qualité tout au long des années qui ont suivi.
Espérons qu'il n'y aura pas un McDo à la place! Mais cela m'étonnerait que ce soit autorisé.
Avec cette décision, MAus et NORdmann rejette tout simplement sa clientèle fidèle ou de passage. Cette dernière n'est visiblement pas prioritaire pour l'existence de la maison...