Réalisé par le cinéaste Pierre-François Sauter, Face au juge lève le voile sur le quotidien d’un juge d’instruction. Ses caméras ont suivi durant cinq semaines le juge Jean-Claude Gavillet dans le Nord vaudois. Toutes les personnes filmées dans le cabinet du magistrat au long de 75 audiences ont accepté de participer à visage découvert à cette réalisation. Il en découle un huis clos de l’activité judiciaire montrée dans sa diversité.
Ce film permet d’assister à l’audition d’une dizaine d’individus prévenus d’infractions pour la plupart légères, mais révélant toutes l’intensité des relations humaines.
Historique
Des séances de conciliation jusqu’à la mise en détention préventive d’auteurs d’actes violents, cette réalisation fait déjà figure de témoignage historique: dès 2011, le système vaudois de l’instruction pénale mettant face à face et sans témoin – hormis la greffière – le juge et le prévenu sera supprimé, car ce dernier aura la possibilité d’être assisté d’un avocat lors de l’interrogatoire.
Face au juge, présenté au festival Visions du réel, commence sa carrière dans les cinémas romands. Par ailleurs, un certain nombre de séances spéciales sont organisées. Ce sera le cas demain au Cinéma Bellevaux, à Lausanne, où un débat sera organisé après la projection, avec Jacques Antenen, juge d’instruction cantonal, Jean-Claude Gavillet, le magistrat du film, et l’avocate Antonella Cereghetti.
G.-M. B.