«La Compagnie des Alpes n’a absolument pas l’intention de lâcher Aquaparc.» Pascal Jaton, 37?ans, balaie en une phrase les inquiétudes. Si le mastodonte français des loisirs s’est récemment désengagé de Verbier et de Saas Fee, c’est parce qu’il n’y détenait pas la majorité des actions. Le parc du Bouveret, lui, est depuis 2004 une filiale à 100% de la CDA. Autre signe positif, selon le Veveysan: le soutien manifesté à ses projets de développement: «En 2010, nous devrions avoir une attraction de plus, unique loin à la ronde.» Le feu vert officiel est attendu de Paris d’un jour à l’autre.
Le site chablaisien, inauguré il y a tout juste dix ans, prévoit aussi de doper son offre en matière de restauration, en agrandissant et en couvrant un snack extérieur. Boissons et nourriture représentent aujourd’hui 20% du chiffre d’affaires. Ce dernier est tenu secret, tout comme les investissements nécessaires au maintien et à l’amélioration des équipements. «Ils sont constants et très importants», lâche Pascal Jaton, nommé à la direction générale en février dernier.
Forte clientèle alémanique
La crise? Elle a sans doute contribué à faire fléchir la courbe de fréquentation, qui avait culminé à 315?000 visiteurs en 2007-2008. L’exercice écoulé s’est soldé par une baisse de 5%, «conformément aux prévisions». Pascal Jaton y voit deux raisons principales: un hiver exceptionnel dans les stations de ski, et l’ouverture, en octobre 2008, d’un parc concurrent à Berne (Bernaqua). «Mais, une fois l’effet de nouveauté estompé, nos clients bernois sont revenus, s’empresse de souligner le jeune patron, qui dirige jusqu’à 80 employés en haute saison. Une heure et demie de trajet pour s’offrir des loisirs, ce n’est pas un obstacle.» Les Alémaniques composent d’ailleurs, avec les Français, une part toujours plus importante de la clientèle du Bouveret. Même si les Vaudois – 30% – figurent encore en tête.
Reste que, à 143?fr. la journée pour une famille de quatre personnes, les tarifs peuvent paraître rédhibitoires… «Les gens viennent une ou deux fois par an, et pas dix, admet Pascal Jaton. Mais il est injuste de comparer notre parc à un centre thermal, où l’on ne reste que deux heures. Et une journée de ski coûte plus cher qu’ici.» Le Vaudois, qui fut chef du marketing avant d’accéder à la direction, signale en outre que «des offres spéciales, sur internet, permettent de s’en sortir à meilleur compte». Idem pour le forfait «3?heures» lancé cet hiver. «Dans notre métier, on doit pouvoir s’adapter aux périodes difficiles.»
Le parc de loisirs tient son nouvel hymne
«Si tu veux t’évader, viens donc nous retrouver, pendant toute une journée, tu vas bien t’éclater!» En plaçant des paroles promotionnelles sur des rythmes entraînants assortis de sonorités des Caraïbes, Aurélien Curchod, de Vionnaz, et Giancarlo Melileo, de La Tour-de-Peilz, ont décroché le gros lot. Parmi une dizaine de finalistes, leur composition a remporté en septembre le concours «Aquaparc cherche son hymne», lancé pour ses 10?ans.
Leur aventure commence une semaine avant le délai de remise des projets. Les deux compères électriciens radio-TV sont en dépannage quand ils entendent l’annonce du concours à la radio. Musiciens dans des formations différentes, ils décident de relever le défi. Rapidement, Giancarlo enregistre sur son ordinateur la mélodie qu’il a dans la tête. En deux jours, le texte est composé, les trois minutes du morceau sont enregistrées. De quoi réjouir Giancarlo: «C’est parti d’une rigolade et ça finit en chouette expérience!»