Un bruit sourd, puis de cris. «J’ai tout de suite su que ce n’était pas un choc entre deux véhicules», raconte cette habitante de Vouvry (VS) alertée par le bruit de l’accident qui s’est déroulé lundi, peu après 13?h, aux abords de l’école primaire. Sur la route cantonale, tout n’est que panique. La voiture a heurté la patrouilleuse qui s’était avancée sur la chaussée pour faire traverser trois enfants. «Je me suis élancée pour leur prêter secours. Mais je n’ai rien pu faire, ils hurlaient et couraient déjà en direction de l’école.»
La femme de 63?ans, une habitante du village, a été renversée par une conductrice ivre. Sans trop de mal, malgré la violence de l’impact. Elle a pu quitter hier après-midi l’Hôpital du Chablais, à Monthey, où ses blessures à la tête ont été soignées. D’après une personne qui s’est entretenue avec elle, elle serait prête à reprendre son poste de patrouilleuse.
La sexagénaire s’en serait tirée à moins bon compte sans la prompte réaction d’un témoin qui a retiré les clés de contact de l’automobile. Apparemment, la conductrice fautive ne s’est pas rendu compte de ce qui se passait. Elle s’apprêtait à poursuivre sa route alors que la patrouilleuse avait roulé sous son véhicule, après avoir rebondi sur le pare-brise.
Un tronçon à risque
Responsable de la communication à la police cantonale valaisanne, Jean-Marie Bornet n’a pas souvenir qu’un patrouilleur scolaire ait connu telle mésaventure en Valais. Pour sa part, Alexandre Hasler, directeur des écoles primaires et enfantines de Vouvry, parle «d’une première» en 15?ans d’expérience dans le village chablaisien.
Comme à son habitude depuis sept ans, Claude Chamorel a revêtu ce matin la tenue d’ange-gardien des patrouilleurs scolaires. Selon lui, les comportements à risque sont monnaie courante à cet endroit de la part des automobilistes. «Les gens roulent comme des fous, ils ne font pas attention aux enfants.»
A la sortie des classes, plusieurs mamans confirment. Au vu du trafic de transit, elles sont d’ailleurs «bien heureuses qu’il y ait des patrouilleurs», lâche l’une d’elles.
Le président de la commune, Reynold Rinaldi, s’attend d’ailleurs «à être interpellé par la population». «C’est vrai qu’on est toujours à la merci d’un chauffard et que la densité de circulation au village est un problème récurrent. Mais la pose éventuelle de ralentisseurs ou autres est de la compétence cantonale. Et ils nous ont signifié qu’ils n’avaient pas l’intention d’intervenir sur ce tronçon. Mais le président prévient: cet incident est une bonne occasion de relancer à nouveau nos autorités.»
Patience
Solutions à venir
Nombre de camions et convois commerciaux optent pour la route cantonale à travers Vouvry plutôt que pour les routes de campagne, direction Rennaz. A l’avenir, deux ouvrages d’importance devraient soulager les parents inquiets. Avec l’ouverture des portes, dans deux ans, du nouveau cycle d’orientation intercommunal (équivalent du collège vaudois), beaucoup moins d’enfants seront contraints à traverser la route. Autre source de réjouissance, l’ouverture, en 2012, de la Transchablaisienne H144 Rennaz - Les Evouettes. Une partie du trafic roulant du Bouveret à Aigle ne traversera plus le village pour rejoindre l’autoroute A9.