Essayé, pas pu. L’invalidation de son premier procès en décembre, à la suite d’un témoignage tardif contredisant la thèse du Tribunal de Vevey, lui avait donné l’espoir d’une remise en liberté dans l’attente d’un nouveau jugement. Condamné à la prison à vie en juin 2009, F.L. vit derrière les barreaux depuis son arrestation, en janvier 2006.
Comment a-t-il osé y croire? Selon le Code de procédure pénale, l’ancien verdict demeure en force aussi longtemps que le nouveau n’a pas été prononcé. Pour autant, l’intéressé a retrouvé, temporairement en tout cas, une certaine présomption d’innocence lui permettant de revendiquer le droit de se rendre en homme libre le 1er mars devant les juges lausannois. Il proposait de payer une caution. Il suggérait aussi de se soumettre à une surveillance en portant un bracelet électronique, se référant au traitement similaire dont bénéficie Roman Polanski à Gstaad.
Sa requête de mise en liberté a été rejetée par le Tribunal cantonal. Les trois magistrats ont soigneusement pesé le pour et le contre. Les seuls bracelets que lui prescrit la justice sont les menottes que lui passeront les gendarmes à son arrivée au tribunal pour son transfert du fourgon cellulaire au box de l’accusé. La Cour cantonale s’en explique: «Le Tribunal pénal fédéral a considéré que les obligations de famille du cinéaste le dissuaderaient de fuir, compte tenu des conséquences économiques que cela aurait pour les siens. De telles considérations ne valent pas dans le cas du recourant qui, âgé de 45?ans, est en instance de divorce et sans enfants.» Et d’ajouter que le monitoring électronique n’empêche pas la fuite, mais qu’il permet simplement de la constater.
Caution insuffisante
F.L. proposait aussi une caution de 50?000?francs, somme que lui aurait avancée son amie. C’est insuffisant aux yeux des juges –?Bogousslavsky a dû verser un demi-million pour sortir de préventive. Et c’est aussi peu convaincant, dès lors qu’il ne s’agit pas de son patrimoine, celui-ci étant il est vrai plutôt difficile à mobiliser. Non seulement ses biens sont sous séquestre, mais l’immeuble qu’il possède est en copropriété avec son épouse, dont il est en instance de divorce.
Il demeure que garder une personne quatre ans en prison sans jugement définitif ferait probablement sourciller la Cour européenne des droits de l’homme. La justice vaudoise reconnaît le caractère exceptionnel d’une telle durée. Elle n’en conçoit cependant aucune culpabilité, compte tenu de la proximité de l’ouverture de ce nouveau procès très attendu.
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