Des ballons dorés pour la couleur royale, du lilas pour la princesse. Hier après-midi, plusieurs centaines d’élèves de l’Ecole Nouvelle de Suisse romande attendaient fébrilement l’arrivée de cette fameuse princesse de Thaïlande. «Il parait que son père a fait l’école ici», dit une jeune fille dans la foule. Le roi Bhumibol a en effet passé dix ans dans cette école privée, entre 1935 et 1945. A ce titre, il a donné «une somme importante», qui a permis la construction d’un nouveau bâtiment. Sa fille, la princesse Maha Chakri Sirindhorn, s’est déplacée juste pour son inauguration.
Limousine noire aux plaques diplomatiques, l’arrivée du carrosse princier au Beau-Rivage Palace provoque un instant de fébrilité. Ambassadeurs de Thaïlande et de Suisse, anciens élèves de l’Ecole Nouvelle, son président, Piero Schinasi: tout le monde s’aligne.
Le protocole est minuté. Il ne tiendra pas. Vêtue d’un tailleur sobre, sans bijoux, la princesse Sirindhorn semble prendre plaisir à un cérémonial qu’on devine moins strict que lorsqu’elle est auprès de ses sujets. «On doit suivre le programme», annonce-t-elle toutefois, en français, à l’issue d’un repas écourté. Au bord du lac, non loin du pavillon offert à la ville par le roi Bhumibol, elle apprécie le spectacle de ski nautique préparé pour elle par le club lausannois.
Un téléobjectif en mains, elle mitraille la scène avant d’enjamber le quai en direction du bateau. On s’agite pour l’aider: l’exercice n’était pas au programme. Puis elle s’empare de la cloche typiquement helvétique pour la faire sonner à bout de bras… On aurait rêvé de voir l’illustre invitée évoquer les troubles qui secouent la Thaïlande. Mais les incartades au protocole ont leurs limites.
«Tutoyer le roi Bhumibol»
«Elle est pleine de projets en matière d’éducation», indique Alix de Courten, qui pilotait cette journée en tant que présidente des Anciens de l’Ecole Nouvelle. Très active, l’association illustre les liens unissant ceux qui ont fréquenté l’établissement. «On y entre à 3?ans, on en sort à 18?ans, mais ça dure toute la vie», dit-elle. «Théoriquement, je pourrais tutoyer le roi de Thaïlande», sourit un ancien élève.
Ainsi, dans son discours en français, la princesse Maha Chakri Sirindhorn soulignera l’importance de l’école pour sa famille royale. Directeur de l’école, Nicolas Catsicas a rappelé à ses élèves que derrière une princesse se cachait tout un peuple. De quoi bétonner un peu plus encore les liens entre la ville de Lausanne et le Royaume de Thaïlande.