GLAND

Viré de Facebook pour avoir mis en ligne ses photos artistiques

Par Vincent Maendly le 11.02.2010 à 00:02

Le photographe professionnel Jo Simoes a déjà vu son profil Facebook supprimé trois fois. Son tort: avoir mis en ligne des photos de «nu caché», pourtant moins explicites que d’autres, bien visibles sur le site de réseautage social.

Jo Simoes, photographe glandois de 32?ans, se bat pour exister sur Facebook: son compte a déjà été supprimé trois fois en dix mois. Pour cet ancien vendeur, qui s’est mis à son compte il y a un an, «Facebook est un moyen de communication énorme, qui m’amène environ 75% de mes clients», glisse-t-il, soulignant le désagrément de perdre subitement quelque 3000 contacts.

Le problème, ce sont ses photos justement, qu’il a mises en ligne comme tout un chacun peut le faire. Les plus glamour, celles «de nu caché», heurtent la charte rédigée par les administrateurs du site, laquelle prohibe la nudité. Quand le compte de Jo Simoes n’est pas purement et simplement désactivé, ce sont parfois certains de ses clichés qui disparaissent de son profil sans une quelconque notification.

Bien pire ailleurs sur Facebook
«On ne voit pourtant rien dessus! Il y a bien pire sur Facebook. Un temps, il y avait même un groupe intitulé: «Il n’y a pas de pédophiles, juste des enfants faciles», illustre Jo Simoes. Il n’a jamais eu de réponses à ses mails de protestations. Pour lui c’est sûr: quelqu’un lui en veut et clique régulièrement sur le bouton «Signaler un abus», présent sous chaque cliché mis en ligne sur le site.

Un groupe de soutien, sensible aux tracasseries vécues par Jo Simoes, a vu le jour il y a quelques semaines. Il compte à ce jour plus de 600 membres. «Facebook, c’est aussi parfois du n’importe quoi», tempête la Morgienne Céline Bissat, initiatrice du groupe et amie du photographe. «J’ai déjà vu des photos de nu utilisées pour le profil de l’utilisateur, donc disponible à tous.»

Censure automatisée
Jo Simoes n’est de loin pas le premier à qui arrive pareille mésaventure. Spécialiste du web et des nouvelles technologies, Stéphane Koch explique qu’il est impossible pour les quelque 1500?employés de la société basée en Californie de vérifier le contenu des 400 millions de profils activés. «Ce sont surtout des algorithmes de détection qui passent en revue les images dénoncées et font le tri.» Pas de nuance ni de souplesse avec les photos artistiques. De toute manière, il serait vain d’espérer une égalité de traitement sur Facebook.

«C’est un environnement en constant développement, très chaotique. Il y a une volonté de ne pas édicter de règles claires, pour éviter que l’on puisse se plaindre si elles ne sont pas respectées», poursuit Stéphane Koch. Une solution pour un photographe désireux d’utiliser cette plateforme promotionnelle: flouter les images contraires à la charte et mettre un lien sur son propre blog, extérieur à Facebook.

Le spécialiste rappelle une vérité: «Etre sur Facebook, c’est comme habiter dans un appartement sans avoir de contrat de bail. On peut certes le personnaliser, mais on ne peut pas recourir contre le propriétaire lorsqu’on s’en fait virer.»

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