Du partenariat public-privé (PPP), Daniel Rossellat en parlait avant même d’être élu syndic de Nyon. En annonçant son intention de faire appel à des investisseurs privés pour construire son futur centre sportif à Colovray, la Municipalité a décidé d’appliquer cette nouvelle politique. La même démarche est en cours pour monter le plan de financement d’un hôtel et d’une salle de congrès à Perdtemps-Usteri.
Rappelons qu’en janvier l’exécutif suspendait son projet de construire un centre multisports à 25 millions de francs. Vu l’état des finances communales, il n’avait pas voulu risquer un refus du Conseil, qui aurait classé ce dossier. Aujourd’hui, la Municipalité revient avec deux propositions: réviser la planification territoriale de tout le secteur de Colovray afin de pouvoir intégrer des activités parasportives et commerciales au projet (lire ci-dessous); et organiser un concours d’investisseurs afin de pouvoir financer ces infrastructures.
Si l’organe délibérant débloque les 110?000?francs demandés par la Municipalité, un mandataire externe à la commune élaborera un cahier des charges à l’attention des investisseurs potentiels.
Risques transférés
«Nous visons des entreprises générales comme Losinger, Implenia ou Karl Steiner, précise Daniel Rossellat. Nous avons déjà eu déjà quelques contacts. Ces groupes sont intéressés par des projets de cette envergure. Ainsi, le risque entrepreneurial est transféré à des spécialistes.»
Le partenariat public-privé s’organise ainsi: les autorités nyonnaises accordent des droits de superficie à des privés, qui construisent. Ensuite, les infra-structures seront mises en vente ou louées. La commune pourra en racheter tout ou partie. Le programme prévoit aussi des équipements hôteliers et commerciaux qui généreront des recettes, notamment fiscales, profitables au secteur public.
«Il est probable que ce programme que nous avons voulu ambitieux coûte entre 50 et 60 millions au total. Mais englobé dans cet ensemble, le centre multisports ne coûtera à la ville que 15 à 20 millions au lieu des 25 millions budgétés dans le premier projet uniquement communal», estime le syndic.
Pôle d’excellence du sport et du bien-être
Evalué à 25 millions de francs, le projet de complexe de Colovray devait accueillir une salle omnisports d’une capacité de 2000 places, des locaux pour les arts martiaux, un mur de grimpe pour l’escalade, un bowling, des salles de conférences et une cafétéria. Ce programme, qui répond aux besoins identifiés, n’a pas été abandonné. Il devrait même être enrichi par des installations pour le bien-être. Et comme l’idée est de compléter cette offre par des équipements hôteliers et commerciaux, il faut que la commune de Nyon révise le règlement du plan de quartier. L’ambition de la Municipalité va encore plus loin. D’où son intention de revoir la planification territoriale de tout le secteur de Colovray en élaborant un schéma directeur. Sur la parcelle privée de Tatiana, propriété d’Ernesto Bertarelli, le règlement permet la construction de bâtiments administratifs, un port sportif à l’usage des propriétaires, et une île aux oiseaux à vocation écologique. Il prévoit aussi l’élargissement du terrain de la piscine publique. L’école de voile et le club d’aviron pourraient trouver leur place au bord du lac. D’autre part, la commune planifiera toute la problématique du parcage et de la mobilité. Enfin, une école privée déjà installée à Nyon cherche à se déployer sur
de plus grands espaces. Son implantation à Colovray sera étudiée. Le calendrier? «Si le centre multisports est construit à la fin de la prochaine législature en 2015, ce sera un beau cadeau», a indiqué le syndic Rossellat.