DISTRICT DE NYON

Les villages du haut n’auront pas de route d’évitement de sitôt

Par YVES MERZ le 22.03.2010 à 00:01

Etouffées par le trafic automobile, de nombreuses communes rêvent d’une route d’évitement. Mais le canton n’a pas les moyens de cofinancer tous ces projets. Il propose des solutions alternatives plus réalistes.

Sur l’axe horizontal, Coppet, Nyon, Gland et Rolle ont chacune un projet de route d’évitement de la localité. Après des années d’études, ces traits de crayon semblent enfin avoir leurs chances de devenir des bandes de bitume bien réelles. Mais qu’en est-il des communes du haut, qui rêvent aussi de voir leur centre de village épargné par la circulation?

En 1993, le premier plan directeur régional du district de Nyon évoquait déjà le projet d’une route des Montagnards qui contournait Trélex et Genolier d’un côté, Vich et Begnins de l’autre. Cette voie verticale a disparu des planifications alors que le trafic ne cesse d’augmenter. Des projets alternatifs sont-ils à l’étude? Seront-ils réalisés un jour?

Aucune de ces quatre communes n’a totalement abandonné l’espoir qu’une route de transit ne contourne leur village un jour. Même Arzier, la plus au nord de toutes, a lancé une étude. Mais ces projets semblent plutôt tenir de l’utopie. Ou seront repoussés aux calendes grecques. Ils ne sont d’ailleurs même pas encore arrivés sur le bureau du Conseil régional.

«Nous n’avons aucune étude de ce genre en cours, affirme Pierre Stampfli, responsable de la Mobilité régionale. Et de toute façon, le canton est contre, notamment parce qu’il craint que les routes qui traversent la campagne n’attirent les constructions, comme ce fut le cas sous Crassier.» Un argument qui reste d’actualité puisqu’il a été avancé par le canton pour remettre en question le projet de route de contournement de Rolle (RODEO).

Pas prioritaires pour l’Etat
Dominique Blanc, chef du Service cantonal des routes, résume la position de l’Etat. «Ces routes de contournement ne sont pas prioritaires. Nous n’avons pas les moyens de toutes les financer et leur impact sur l’environnement est souvent trop important. Toutefois, si la commune en démontre le besoin – en principe, il faut un trafic de transit dépassant les 10?000 véhicules par jour –, si toutes les autres mesures de modération du trafic ont été épuisées et que le projet obtient la bénédiction du Service de l’aménagement du territoire, alors nous étudions la possibilité d’un financement.»

De son côté, Leïla Slama-Lambelet, cheffe de la Division gestion du réseau à l’Etat, n’a pas non plus connaissance de projets pour ces communes. «J’ai seulement eu un contact avec les autorités d’Arzier, précise-t-elle. Mais il est clair qu’on ne peut pas multiplier les constructions de routes. C’est une fuite en avant et c’est beaucoup trop coûteux. Il faut exploiter au mieux l’existant et améliorer les transports collectifs.»

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