Charlot sans son melon et sa canne? Impensable! Depuis une dizaine de jours, galure solidement vissé sur sa tête, le plus célèbre des vagabonds se languit de son sceptre.
Début avril, des vandales ont subtilisé la canne de la statue du quai Perdonnet. «C’était déjà arrivé en 1989, raconte Gérard Amoos, directeur des Espaces publics pour la ville de Vevey. Nous l’avions alors remplacée, avant qu’un plongeur ne la retrouve dans le lac peu après et nous la ramène. Le pommeau est solidement fixé dans la main. Mais le bas n’est pas très difficile à détacher…» Depuis, l’objet a été dérobé à plusieurs reprises. «Deux ou trois fois, estime l’employé communal. Mais on l’a toujours retrouvé assez rapidement.» A sa connaissance, jamais il n’avait disparu aussi longtemps.
Canne d’origine de retour
A la commune, on s’emploie à rendre son appui au Charlot de métal. La statue retrouvera prochainement sa canne d’origine, celle-là même qui fut sauvée des eaux en 1989. «Mais, avant cela, nous en réaliserons un moulage, signale Gérard Amoos. Et il faudra modifier un peu sa fixation, en la goupillant par exemple.»
Victime des fauteurs de troubles, Charlot reste de marbre… ou plutôt de bronze. Le syndic Laurent Ballif n’est pas davantage scandalisé: «Des milliers de personnes viennent chaque année rendre hommage au personnage, déposer des fleurs, se faire photographier… Ces preuves d’affection pèsent bien plus lourd que quelques idiots sévissant une fois tous les cinq ans.»
Chaplin n’est d’ailleurs pas le seul à avoir fait les frais de vandales. Dans les années 1970, encore à Vevey, l’épée du guerrier de la fontaine à la rue du Centre avait été chapardée. Plus récemment, c’est le glaive de la Justice de la place de la Palud, à Lausanne, qui avait été escamoté en décembre. Un forgeron avait été engagé pour en réaliser un nouveau.