Le dialogue était très attendu. Hier, pour la première fois, les représentants des actionnaires de Vaud-Fribourg TV SA, la société qui pilote la nouvelle chaîne de télévision régionale La Télé, ont pu rencontrer son conseil d’administration et lui poser ses questions «en connaissance de cause», soit après six mois de programmes.
Six mois qui n’ont pas manqué de générer une certaine «frustration» quant à un contenu qui tranche radicalement avec l’offre d’informations régionales à laquelle les téléspectateurs étaient habitués via leurs anciennes chaînes locales, et qui ne correspond guère à ce qu’ils croyaient pouvoir attendre. «Nous entendons cette critique et nous avons convenu avec nos actionnaires un processus pour améliorer cela», promet Philippe Sordet, président du conseil d’administration, contacté au terme de l’assemblée.
Président de l’Association des communes de l’Est vaudois – actionnaire publique – et syndic de Vevey, Laurent Ballif se dit «satisfait que le conseil d’administration ait admis qu’il y avait là un problème à étudier». Et espère, au-delà des paroles, un véritable changement dans la façon dont la proximité sera traitée. Philippe Sordet met toutefois en garde: «La taille de notre zone de diffusion (ndlr: qui couvre les cantons de Vaud et de Fribourg) et nos moyens limités font qu’on ne pourra pas, en plus de tout le reste, faire de la locale de la même manière qu’avant.» «Nous ne voulons pas non plus un reportage par village…» admet Laurent Ballif.
La chaîne annonce donc pour septembre une nouvelle grille des programmes. «Elle s’appuiera aussi sur nos chiffres d’audience, que nous recevrons fin mars ou début avril», précise Philippe Sordet, contestant au passage la validité des très mauvais scores qui ont circulé – semble-t-il par erreur – en janvier, «lors de l’installation du dispositif de mesure».
Démissionnaires présents
Mais elle devra aussi gérer une situation financière difficile en raison d’une année 2009 morose sur le plan publicitaire. «Nous avons du retard dans nos recettes, cela risque de retarder notre délai de rentabilité. Mais nous ne sommes pas prêts à demander une augmentation de capital pour l’instant», explique le président. Qui fait remarquer que ce point était présenté par le directeur des finances qui a donné son congé, Lionel Capt. Celui-ci participait à l’assemblée tout comme Thierry Bovay, directeur des programmes, également démissionnaire. «Leur présence suffit pour que je n’aie pas d’autres commentaires à apporter sur leur départ», tranche Philippe Sordet.