C’est la soupe à la grimace dans les arrière-salles d’hôtels et de restaurants vaudois et lausannois. Pas pour tout le monde certes! Si les propriétaires qui les louent (et la presse qui publie les annonces) y trouvent leur compte, les acheteurs d’or qui espèrent draguer des kilos de vieux bijoux déchantent. Le boom de l’achat de bijoux d’occasion en or semble faire une pause, sur le plan local du moins.
Frais pas couverts
«Vendredi, à Morges, c’était la catastrophe, nous avons eu deux personnes de toute la journée!», témoigne un marchand. Les deux jours précédents, à Vevey puis à Nyon, la fréquentation était à peine meilleure. «A Nyon, nous avons pu racheter entre 50 et 60?grammes. Inutile de vous dire que nous ne couvrons pas nos frais et que nous travaillons à perte». Le même jour, un concurrent installé pour la journée au Mövenpick, à Lausanne, faisait le même constat. Des heures à poireauter sans rien faire pour d’hypothétiques clients qui se comptent sur les doigts d’une main. Une Valaisanne a probablement sauvé la journée.
Brocanteur de métier, notre premier interlocuteur s’est lancé voici quelques mois dans le rachat de vieux bijoux, un marché qui a flambé parallèlement à l’ascension du prix de l’or. Mais depuis fin décembre déjà, le filon s’est tari. Pronostiquant de bonnes affaires, il avait encore loué des salles hier et avant-hier et acheté les petites annonces dans la presse. «Il faut s’y prendre à l’avance, je n’ai pas pu annuler». Entre la pub et la location des salles, il a investi près de 5000? fr. pour cinq jours. «Il faudrait acquérir des kilos d’or pour rentabiliser».
Manque de transparence
Spécialiste du rachat d’or, le bijoutier Christian Bonnet constate une «cannibalisation des marchands entre eux». Ils se succèdent en effet souvent dans les mêmes établissements, à un jour de différence.
Depuis février 2008, Christian Bonnet a ouvert sept points de vente Gold & Cash en Suisse romande, dont un à Lausanne. Le professionnel neuchâtelois plaide pour une transparence qui fait clairement défaut dans les arrière-salles des établissements publics. «N’importe qui peut se lancer dans ce commerce, le public ne sait pas à qui il a à faire. Moi j’ai pignon sur rue, je paie mes impôts et j’offre un certain nombre de garanties».
Pour ce qui est du prix, ils peuvent évoluer de jour en jour. La semaine dernière, le même jour, le prix offert pour un gramme d’or 18 carats variait de 17?fr. à 21?fr.?70. Un seul conseil: si vous avez de l’or à vendre, ne vous fiez pas au premier vendeur visité! Comparez les offres et assurez-vous de la fiabilité et de la conformité de la balance utilisée pour peser votre or.