PROJET

Une soucoupe flottante pourrait surgir à Ouchy

Par CLAUDE BÉDA le 07.11.2008 à 00:06

Une navette, entre la digue CGN et le port, se présente comme une alternative au projet de pont lié au Musée des beaux-arts. Ses inventeurs planchent sur le financement de leur projet à Lausanne. Il sera étudié sous peu par le Conseil communal.

«Il s’agit de compléter les infrastructures d’attrait et de confort en relation avec le lac. Nous voulons réinstaurer la liaison manquante dans la continuité des rives, tout en renforçant l’attractivité de la place de la Navigation», expliquent l’architecte Samuel Voltolini, l’ingénieur Rolf Meyer et l’inventeur Carlo Chanez. Ce trio de Lausannois planche depuis deux ans sur la réalisation d’une «unité flottante» entre la digue de la CGN et le bâtiment de contrôle du port, à Ouchy.

«Relier le M2 et le musée»

«Nous sommes des amoureux du lac et des passionnés de concepts novateurs, relève Carlo Chanez. C’est par pur hasard que nous avons décidé d’implanter notre projet là. Aujourd’hui, nous constatons qu’il pourrait effectivement servir à relier la sortie du métro M2 à Ouchy et au futur Musée des beaux-arts.»

Concept inédit, cette navette, à la forme arrondie, fonctionne sans pilote, par commande à distance. Sur le trajet de 85 m projeté à Ouchy, son système de propulsion à air comprimé lui permettrait de transporter jusqu’à vingt personnes à une vitesse de 3 km/h. L’embarquement et le débarquement des passagers seraient entièrement automatisés. Le coût de la construction et de la mise en service de cette sorte de soucoupe flottante, baptisée Médusa en raison de sa forme, sont estimés à 1,6 million de francs. «Nous planchons actuellement sur le financement, poursuit Carlo Chanez. Nous avons entamé des tractations avec la ville, le canton et des sponsors privés. Il s’agit, dans un premier temps, de créer une maquette de la navette pour la tester sur le site.»

La faisabilité technique du projet a toutefois déjà été validée par l’Office fédéral des transports (OFT) et le canton, lesquels semblent voir le projet d’un bon œil. Seule la Compagnie générale de navigation (CGN) se montre réticente et invoque des raisons de sécurité. «Notre navette est bien plus qu’un objet en mouvement sur le lac, plaide le trio. Son apparence toujours changeante par ses limites visuelles floues donne lieu à une perception intrigante. Elle se déplace sous l’impulsion d’une onde lacustre laissant derrière elle des mouvements colorés de l’eau.» Président de la Société de développement et des intérêts d’Ouchy (SDIO), Michel Julier paraît, lui, acquis à l’idée: «L’originalité, ainsi que les aspects écologiques et futuristes de cette navette, me plaisent bien. Elle susciterait l’intérêt des touristes.»

Un crédit d’étude à voter

Le municipal Olivier Français n’est pas en reste: «C’est une excellente idée et une alternative au projet de pont lié au nouveau Musée des beaux-arts.» D’ailleurs, sur le préavis concernant ce musée, sur lequel devra se prononcer prochainement le Conseil communal de Lausanne, figure une demande de crédit de 200?000 francs pour «examiner la possibilité de créer une liaison de mobilité douce depuis la Jetée-de-la-Compagnie en direction d’Ouchy.»


Un concept novateur qui intéresse Dubaï

«Notre navette intéresse plusieurs villes, dont Dubaï, qui souhaiterait l’utiliser pour amener quelques propriétaires vers leur maison. Toutefois, en tant que Lausannois, nous aimerions bien la voir ici», confie Carlo Chanez. Les concepteurs de l’unité flottante Medusa se sont inspirés d’un projet parisien développé en 1998, lors de l’étude du développement des berges de la Seine. Il n’a, pour l’heure, pas été concrétisé. «Notre navette, quelque peu différente, n’est pas moins attractive, relance Carlo Chanez. Novatrice du point de vue technologique, elle possède
une propulsion à air comprimé actionnée par une énergie propre et renouvelable (le compresseur est activé par des panneaux solaires), alors que toutes ses composantes sont recyclables à 92%.»

L’engin est formé d’une plate-forme de 4,2 m x 5,4 m, de trois coques et d’une quille. Sur la coque inférieure sont fixés dix-huit buses de propulsion et deux stabilisateurs de 300 kg. La navette serait guidée par un double câble fixé au fond du lac. Deux ponts fixes sur un axe pendulaire seraient placés sur les berges, pour le débarquement et l’embarquement, via un ponton flottant et articulé.

C. B.

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