Au haut moyen âge, la quasi-totalité des Européens étaient paysans et savaient faire tout ce qu’il faut pour survivre. Seule exception: ils ne maîtrisaient pas le travail du fer. C’était l’affaire du forgeron, seul artisan spécialisé et considéré un peu sorcier. Chaque village avait le sien.
Par conséquent le surnom de forgeron a été donné très tôt. Si bien qu’il a pu être transmis – jusqu’à nos jours – à un nombre record de descendants. Quand les surnoms sont devenus des noms de famille, les Schmid allemands, les Smith anglais, les De Smet néerlandais, les Fabbri italiens, les Herrera espagnols et les Ferreira portugais étaient déjà légion. Idem pour les Favre, Fabre, Faure et Lefèvre du domaine francophone, qui dérivent de faber, le mot latin pour forgeron.
En allemand littéraire l’artisan s’écrit Schmied. Mais comme patronyme il cohabite avec de nombreuses variantes orthographiques de diverses régions et époques. En Suisse la plus fréquente est Schmid, mais on trouve aussi de nombreux Schmied et Schmidt, ainsi que des diminutifs Schmidli et Schmidlin. Les Schmitt et Schmitz sont surtout allemands.
Jadis on distinguait le Schmid ordinaire du Hubschmid (maréchal-ferrant), mais aussi l’Isenschmid qui travaillait le fer du Kupferschmid voué au cuivre. Sans parler du mystérieux nom Tuchschmid – sans doute un sobriquet - dont le sens propre est «forgeron sur tissu»…