FÊTE NATIONALE

A la Saint-Patrick, Irlandais et Suisses lèvent leur chope

Par David Genillard le 17.03.2010 à 00:04

Aujourd’hui, comme chaque 17 mars, les sujets de l’île d’Émeraude boivent leur Guinness en l’honneur de leur saint patron. Une tradition qui fait toujours plus d’adeptes à Champéry, à Vevey ou ailleurs.

John Mitchell ne porte pas de vêtements verts aujourd’hui. En ce jour de la Saint-Patrick, pas question de succomber à la tentation commerciale. «S’habiller en vert, c’est un truc d’Américains! Chez nous, on fait moins le spectacle», rigole le patron du Mitchell’s, à Champéry. Reste que l’Irlandais ne manquerait pour rien au monde sa fête nationale: «Chaque année, on organise quelque chose dans notre bar.» Au menu, ce soir? Irish stew (ragoût de mouton) et Guinness, of course !

A l’image du Champérolain, les quelque quatre mille Irlandais disséminés à travers la Suisse lèvent leur chope en ce 17 mars, en l’honneur de leur saint patron. Belle occasion d’écluser quelques bières et de savourer des plats traditionnels, la Saint-Patrick est aussi un moyen de raviver le souvenir de l’île d’Emeraude. «Plus les Irlandais s’éloignent de leur pays, plus ils célèbrent cette fête, assure Dermot Gatenby, retraité aujourd’hui établi à Romanel. Chez nous, ça n’est pas un événement aussi important qu’à New York ou en Angleterre.»

«Des liens millénaires»
Si la Suisse est encore loin du raz-de-marée vert qui s’empare annuellement des métropoles américaines, la fête fait toujours plus d’adeptes. Au Bout du Monde, la soirée de la Saint-Patrick cartonne, amenant jusqu’à 300 clients dans le bar veveysan.
La raison de ce succès? «Beaucoup de Suisses sont déjà allés en Irlande, avance Sergio Andrad, l’un des serveurs. Ils y ont découvert l’ambiance unique des pubs et la retrouvent à la Saint-Patrick.»

«Il faut aussi dire qu’on est le peuple le plus sympathique du monde, renchérit en rigolant Gus McEvoy, arrivé en Suisse il y a 25?ans. Plus sérieusement, il existe des liens millénaires entre nos deux pays. On partage notamment les mêmes racines celtiques. Et, tout comme les Irlandais se représentent la Suisse comme le pays de Heidi, les gens d’ici idéalisent l’Irlande. Ils voient une belle île au milieu de l’océan où des gens sympas boivent de la Guinness.»

Foi d’Irlandais, la célèbre bière noire n’est d’ailleurs pas étrangère à cette réussite. «Ils font bien leur pub, reconnaît John Mitchell. Ils envoient des chapeaux, ils encouragent la fête. C’est sympa mais un peu dommage aussi. L’événement devient commercial.»

Breffni O’Sullivan, membre du comité de la Geneva Irish Association, ne s’en attriste pas outre mesure: «Il faut avant tout y voir une occasion de rencontrer des gens. Et ceux qui veulent découvrir ce qui se cache derrière cette tradition peuvent le faire très facilement. Au fond, tous les Suisses ne sont pas forcément conscients de la signification du 1er Août…»

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