TRANSPORTS PUBLICS

Sur la «route des patates», les bus souffrent des chocs

Par JEAN-MARC CORSET le 09.02.2010 à 00:01

Route défoncée à Denges et gendarmes couchés mettent à mal l’horaire, mais coûtent aussi des dizaines de milliers de francs par an en frais de réparation.

Non, ce n’est pas le Dakar! Mais c’est dans la région de Morges que cela se passe: entre les multiples gendarmes couchés et les nids de poule de la fameuse «route des patates», à Denges, c’est un véritable gymkhana qu’empruntent chaque jour les bus des transports publics morgiens (TPM), en particulier ceux de la ligne 702. «On a l’impression d’être à Europa Park», remarque un chauffeur. Non seulement ces obstacles mettent à mal l’horaire, mais ils coûtent aussi des dizaines de milliers de francs chaque année en frais de réparations, sans parler des maux de dos des chauffeurs!

«A 50?km/h, on casse les vitres»
Foin de longs discours, le chef de garage de la compagnie MBC, André Friederich, préfère mettre l’un des bus touchés – quasi neuf – sur l’élévateur afin de montrer les dégâts. Victime d’un gendarme couché, le châssis en a pris un sacré coup. Pour qu’il passe l’expertise – tous les ans pour les transports publics – il faudra souder une plaque de renforcement. «Entre Echandens et Tolochenaz, aller-retour, il y a 32 gendarmes couchés, indique-t-il. Certains sont beaucoup trop hauts ou ont un angle trop vif pour nos véhicules modernes. Ajoutés aux trous dans la route, les barres de torsion et de stabilisation prennent tous les chocs.»

Son collègue chauffeur, André de Giuli, connaît bien cette maudite route des patates, en fait la route de Lonay: «Le gel cet hiver a encore accentué les trous. Pour nous, c’est un vrai problème. Si on roule à 50?km/h, on casse les vitres. Nos véhicules ne sont pas faits pour du tout-terrain.»

Directeur des MBC, Michel Pernet ne veut pas exagérer le coût des dommages. Il les évalue tout de même à quelques dizaines de milliers de francs par an sur, «grosso modo», 500?000 francs de frais d’entretien des véhicules. Quant à la route de Lonay, il remarque: «C’est l’une des rares routes où on pourrait tenir un horaire en roulant normalement. Mais son état désastreux nous met en retard.»

Un chemin agricole, pas une route de délestage
Du côté des autorités de Denges, on se défend de laisser cette route à l’abandon. «Comme chaque année, nous prévoyons une réfection des nids de poule, relève la municipale Béatrice Maeder. Mais pas de grands travaux.» Il est vrai que la rénovation de ce tronçon d’à peu près 1?km, utilisé surtout par des automobilistes extérieurs au village, lui coûterait 1 à 1,5 million. Or, explique la municipale, si la route des patates s’appelle ainsi, c’est bien parce qu’elle est un chemin agricole. Ce n’est pas la faute des Dengereux – les gens de Denges – si autant d’automobilistes l’empruntent comme route de délestage pour aller à Morges.

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