«Je suis intimement convaincu qu’il est innocent.» Roger-Jean Ségalat, qui s’est confié à L’Illustré , ne veut pas croire que son fils, généticien réputé et directeur de recherche au CNRS, est l’auteur de l’horrible meurtre de son épouse, Catherine, le 9 janvier dernier à Vaux-sur-Morges. En l’absence d’aveux, mais «fortement soupçonné» par les enquêteurs, celui-ci est toujours en détention provisoire, inculpé d’homicide. On comprend ainsi que le vieux libraire lausannois de 75?ans, hospitalisé, déclare être «désespéré et ne pas savoir comment il va sortir de tout ça».
Jugeant vraisemblable le meurtre de son épouse, sur la base des lésions qui montrent que «l’arrière de son crâne a été défoncé avec un marteau», il attribue l’attitude suspecte de son fils au moment d’appeler les secours à une réaction de panique face au sang. De plus, il ne voit aucune explication plausible à un tel geste, déclarant au magazine que son fils s’entendait bien avec sa femme. Désintéressé, il ne cherchait pas à s’emparer de la librairie proche de la Pontaise, puisque le couple avait décidé de la lui remettre en avril prochain. «La police a trouvé un coupable idéal, j’en suis persuadé.»
Il n’en reste pas moins que les enquêteurs et le juge d’instruction disposent de suffisamment d’arguments pour maintenir le beau-fils de la municipale de Vaux-sur-Morges en prison préventive au Bois-Mermet. A en croire les affirmations de L’Illustré, qui a pu mettre la main sur plusieurs éléments du dossier de l’enquête, le comportement du généticien français est pour le moins troublant.
Selon ses dires, il aurait tenté lui-même pendant près d’une heure de réanimer la victime, encore vivante, plutôt que d’appeler le 144, car il ne connaissait pas le numéro et ne voulait pas perdre de temps. Avant l’arrivée des secours, qui le découvrent hébété et prostré, «il a nettoyé sommairement la scène du crime parce que, assure-t-il, il ne supportait pas la vue de tout ce sang». Avant de changer d’habits.
Le magazine relate en outre que l’homme de 45?ans portait des «traces de griffures au visage, au cou, sur le torse et sur les mains» et que les enquêteurs auraient découvert trois marteaux, dont l’un taché de sang. Mais tant la police cantonale que le juge d’instruction et les avocats du prévenu se refusent à toute information dans cette affaire en raison des nombreuses zones d’ombre qui entourent encore les circonstances du drame. De nouvelles investigations ont été faites la semaine dernière sur place et les parties attendent aussi bien le rapport des médecins légistes que celui de la police. Le prévenu clamant son innocence, le mobile du crime reste ainsi un grand mystère.
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