L’entreprise Dentsply-Maillefer est le poumon économique de Ballaigues. Grâce aux impôts payés par cette société, les finances de la commune sont saines et son taux d’imposition demeure favorable.
Fondée en 1889, par Auguste Maillefer, la firme a gagné sa notoriété en fabriquant des instruments dentaires. Les descendants du fondateur ont su négocier les virages technologiques. Aujourd’hui affiliée au groupe Dentsply, l’entreprise familiale est devenue la marque leader mondial des techniques destinées à l’endodontie. Autrement dit Maillefer a obtenu son renom auprès des dentistes par les instruments qui servent au traitement des infections internes de la dent.
Avec le départ en retraite de Pierre-Luc Maillefer, dernier membre de la famille fondatrice à diriger l’entreprise, une page de l’histoire de la fabrique se tourne. Mais, elle s’ouvre aussi sur des promesses d’avenir, puisque son successeur, Dominique Legros, ingénieur français, devra gérer une extension de l’usine à Ballaigues, l’an prochain déjà.
Pierre-Luc Maillefer, vous partez à la retraite à l’âge de 61?ans, quel a été votre parcours professionnel au sein de l’entreprise?
Je suis entré dans l’entreprise familiale, il y a 36?ans. J’ai occupé différentes fonctions. J’ai d’abord été responsable de la Recherche et du développement, puis responsable technique, ensuite directeur de la fabrication et depuis l’amarrage de la société au groupe Dentsply en 1995, je suis directeur général.
Des personnes au village ont émis des craintes sur l’avenir de l’entreprise à Ballaigues, pouvez-vous les rassurer?
La crainte de la délocalisation de l’entreprise existait déjà au moment de l’affiliation de la société au groupe Dentsply. Or en 16?ans, le nombre d’employés a doublé et le chiffre d’affaires a été multiplié par six. Nous occupons aujourd’hui 800?personnes et le chiffre d’affaires 2011 est de l’ordre de 280 millions.
Comment la technologie a-t-elle évolué durant votre activité?
L’évolution technologique de l’outil de production a été considérable pour deux raisons. La première est le changement des matériaux. Comme en médecine, nous utilisons des alliages de nickel - titane hautement flexibles. Ils s’usinent différemment que le laiton qui servait à la production des premiers tire-nerfs.
La seconde raison, toute aussi importante, est le besoin d’efficience. Dans notre pays les coûts de production sont élevés et pour pouvoir rester concurrentiels, nous améliorons constamment l’automatisation des machines que nous fabriquons nous-mêmes. Les machines que nous avons installées cette année vont trois fois plus vite que celles des générations précédentes.
Comment percevez-vous l’avenir du secteur?
Dans les années 2020, les traitements endodontiques n’utiliseront plus nécessairement la force mécanique d’un instrument. Nous parlons d’autres techniques de traitement pour lesquelles nous avons des projets de développement. Mais, il est trop tôt pour en parler.
Est-ce que la formation des utilisateurs est importante?
Pour le développement de nos produits, nous devons aller à la rencontre des besoins des médecins-dentistes. Il est important de leur enseigner le bon usage de nos instruments. Aussi, Dentsply forme chaque année des dizaines de milliers de dentistes de par le monde. Et chaque mois, nous recevons à Ballaigues les tops spécialistes qui prodiguent ensuite notre enseignement dans leur pays.
L’entreprise a-t-elle des projets pour l’an prochain?
Chaque exercice comptable, nous investissons près de 10 millions dans l’outil de production. En 2012, nous doublerons cette somme pour construire un nouveau bâtiment. Nous anticipons ainsi les besoins de croissance, estimés entre 7 et 8% pour les années à venir, grâce aux marchés émergents.
En partant, vous voyez donc l’avenir avec confiance?
Oui, pour l’évolution interne de l’entreprise. Un peu moins face au franc fort qui péjore nos marges et pénalise nos ventes.
Quatre temps forts de l’évolution de l’entreprise Maillefer
Pierre-Luc Maillefer relève quatre temps fort au sein de la vie de l’entreprise. Le premier est la création de l’entreprise par son arrière-grand-père Auguste. L’horloger devient dentiste à l’âge de 40?ans. Quand il fonde l’entreprise en 1889, l’horlogerie connaît des hauts et des bas. il doit nourrir une famille nombreuse.
Horloger puis dentiste, il a commencé à fabriquer ses propres instruments à la main. Son bon choix a été de se départir de l’horlogerie au profit d’un secteur lié à la santé et au développement des soins. Ses trois fils développeront la gamme des produits pour la dentisterie du tire-nerf aux fraises en passant par diverses mèches.
Le futur retraité situe le deuxième moment stratégique au début des années 1960, quand Maillefer axe sa production sur les instruments à l’usage de ce qui allait devenir l’endodontie. Les dirigeants d’alors ont perçu que le traitement des racines lié au vieillissement de la population avait un fort potentiel de développement alors que les soins des caries iraient en diminuant à cause de l’amélioration de l’hygiène dentaire.
Le troisième temps fort est l’alliance avec Dentsply qui a ouvert à Maillefer les canaux de distribution pour ses produits dans le monde entier en offrant notamment à l’entreprise ballaiguie un accès aux marchés de l’Asie et de l’Amérique du Sud.
Le quatrième point est l’évolution de la marque MAILLEFER au sein du groupe Dentsply. Elle est devenue le numéro 1 mondial de l’endodontie et l’une des 5 premières pour la dentisterie. Cela est le fruit de la qualité des produits, des efforts de formation auprès des dentistes, ainsi qu’un gros travail, de marketing et de communication.
"Or en 16?ans, le nombre d’employés a doublé et le chiffre d’affaires a été multiplié par six. Nous occupons aujourd’hui 800?personnes"
799 frontaliers...
Bien dit Ted Demore..!! Je connais au moins 2 Suisses ayant postulé chez eux pour des postes correspondant tout à fait à leurs compétences et à leurs places engagés par des frontaliers "low cost"....!!!! Un tout petit Monsieur ce Pierre-Luc Maillefer..!!!!!!!! Et une fois de plus vive les bilatérales..!!!
@ Liteul Kevin Je ne sais pas où vous habitez mais moi en tant que résident de Vallorbe depuis plus de 40 ans..... à 2 kilomètres de Ballaigues donc, je pense très bien connaitre ma région natale et son taux de chômage constamment en hausse avec en corollaire le nombre croissant de frontaliers passant la frontière du Creux à Vallorbe chaque matin..!!!
J'ai postuler la bas 10 de fois, toujours pas de travaille pour nous les suisse, tout les sociétés qui et a coté de la France aime mieux les frontaliers que au Suisse, on n'a un peut marre là, les suisse veux aussi travaille... pffff
A Boboalatete, le suisses pourais apprendre à ecrire le franssais avant!
Le patron lui pas engagé tout le gens qui save pas ecrire, parce que y se dit que si le gars pas savoire ecrire doit pas savoir faire bien le reste des choses dans sont travaille...
Aprés sa serre à rien de postuller 10x dans la même boite, un lisans le CV la 1x, le patron il avais compris!
Evidemment, les chiffres mentionnés quant au nombres de frontaliers sont totalement exagérés. Dentsply Maillefer emploie comme l'essentiel des entreprises de la région (UMV, Jaeger-Lecoultre, Audemars Piguet, Dubois-Dépraz, etc) beaucoup de frontaliers mais bien entendu toute une série de Suisses !!! Les questions salariales sont sans doute une part de l'explication, mais il en est une plus importante qui revient régulièrement ; le manque de Suisses disponibles sur le marché avec une formation technique satisfaisante pour les besoins de l'employeur. Et là, force est de constater que les Français sont souvent mieux formés dans le domaine industriel, des procédés ou processus de fabrication, etc.
Le taux de chômage des communes de la région de Ballaigues est resté stable voire en légère augmentation. On assiste par contre à une relocalisation des chômeurs travaillant en Plaine ou dans les centres urbains dans les régions décentrées, car les loyers y sont moins chers.
Dentsply Maillefer est par ailleurs membre du club des 100, c'est à dire des 100 plus gros contribuables personnes morales du Canton de Vaud. Les impôts payés par cette société financent une part importante des prestations de l'Etat de Vaud.
"le manque de Suisses disponibles sur le marché avec une formation technique satisfaisante pour les besoins de l'employeur"
Avec moins de langue de bois, la traduction est: "le manque de Suisses pouvant se permettre de travailler pour des cacahuètes"
Qu'on arrête l'hypocrisie!!!
La formation professionnelle en Suisse, mis à part certains secteurs particuliers tels que la grande distribution, est largement au dessus de ce que fait la France! Regardez les résultats des olympiades des métiers pour vous en convaincre!
Si l'industrie peine à engager suffisamment d'apprentis, c'est dû au fait que les salaires de la branche sont bien trop faible par rapport à d'autres branches et n'augmentent que très peu. Et ce n'est pas avec une part croissante de frontaliers qu'ils risquent un jour d’être réévalués.
Un bon nombre de français actifs en Suisse et qui ont réussi à monter en grade dans les entreprises ont totalement verrouillé le marché afin de n'engager plus que leurs compatriotes et de ne sous-traiter plus qu'auprès de leurs compatriotes.
Une des preuves de ce que j'avance est la quantité sans cesse croissante d'annonces publiées dans des quotidiens Suisses dans lesquelles le titre ou le niveau de la formation souhaitées est décrit selon le modèle français.
Quand on recherche un BAC+... en Suisse, c'est sur qu'on ne va trouver quasiment que des français et que les Suisses seront d'entrée éliminés. Mais là, aucunes associations pour dénoncer cette discrimination.
Que Dentsply fasse partie du club des 100 plus gros contribuables du canton de Vaud me fait une belle jambe et me laisse de marbre!
Si il n'y avait pas autant de dumping salarial, dû principalement aux frontaliers, que tout le monde dans ce canton pouvait prétendre à un job payé correctement, il n'y aurait pas besoin de tant de social et par conséquent les impôts pourraient baisser.