Finances

En réalité, la dette vaudoise n’est plus très loin du zéro

Par Justin Favrod le 15.08.2011 à 23:00

Dans les derniers comptes, le canton affiche 1,91 milliard de dette nette. C’est techniquement vrai et pratiquement faux.

En Europe, bien des gouvernements tentent de cacher le poids réel de la dette pour rassurer les marchés. Le canton de Vaud procède à la démarche inverse. Il tente de masquer la bonne santé des finances publiques.

Pour modérer les appétits de dépenses nouvelles ou de baisses fiscales, le grand argentier Pascal Broulis a surtout mis en avant les risques de la péréquation fédérale et la dette. En fait, la péréquation coûtera bien moins cher que redouté comme l’ont montré plusieurs articles de 24?heures à la fin du mois dernier. Reste la dette. Or celle-ci s’avère, à l’examen, bien moins lourde qu’annoncé.

Comment se calcule la dette nette?

Aux comptes 2010, le chef des Finances annonçait une dette nette de 1,91 milliard sur un budget de 7,4 milliards. Ce montant de l’endettement, déjà faible, n’est certes pas faux. Mais il cache une situation plus confortable encore.

La dette nette arrêtée au 31 décembre 2010 se calcule de la façon suivante: le Département des finances soustrait aux emprunts totaux l’argent de l’Etat placé à court terme (il s’agit par exemple d’argent prêté à d’autres collectivités publiques). A fin 2010, le canton a contracté des emprunts à hauteur de 2,56 milliards de francs et a effectué des placements pour 650 millions. Par soustraction, on obtient une dette nette de 1,91 milliard de francs.

En réalité, si l’on tient aussi compte des liquidités qui ne font pas l’objet de placements, on peut affirmer que le canton ne doit guère plus de 352 millions, selon un calcul un peu grossier et contesté par le Département (lire ci-dessous).

1,5 milliard en liquide

Un examen du bilan du canton montre que, au 31 décembre 2010, l’Etat possédait bien davantage que les 650 millions qui ont fait l’objet de placements. Le canton avait en effet 1,054 milliard déposé sur des comptes bancaires et 503 millions sur des comptes postaux. A cela, il faut ajouter plus de 1 million dans les caisses de l’Etat.

Le canton disposait donc au 31 décembre d’argent liquide pour le montant coquet de 1,558 milliard de francs, ce qui correspond grosso modo à plus de deux mois et demi des dépenses de l’Etat ou à la moitié du produit annuel de l’impôt sur le revenu des personnes physiques. Si ces liquidités avaient été placées avec les 650 millions, la dette nette se serait élevée à 352 millions de francs. Une paille.

Une réserve pour tuer la dette

Une paille qui disparaîtrait si l’Etat vendait les 16,88% d’actions «en trop» qu’il possède de la Banque Cantonale Vaudoise comme il en a reçu l’autorisation par le Grand Conseil en 2008. Le canton a l’obligation de conserver 50,12% des actions de la BCV et il en possède environ 67%. La vente de ces 16,88% lui rapporterait entre 650 et 700 millions de francs.

Comme les dividendes rapportent plus de 32 millions par an, l’Etat n’a aucun intérêt à réaliser ce portefeuille.

C’est une réalité que le grand argentier ne met guère en avant. La dette a pour longtemps traumatisé la classe politique vaudoise. C’est qu’elle n’a pas cessé de croître entre 1991 et 2004 pour atteindre 8,6 milliards. Elle a paru impossible à maîtriser et a plombé la réputation du canton. Depuis lors, cette dette n’a pas cessé de baisser, surtout grâce à une maîtrise drastique des dépenses et à l’augmentation régulière des recettes.

Liquidités et placements

L’argent placé au 31 décembre va en diminution de la dette, ce qui n’est pas le cas de l’argent liquide sur des comptes. D’année en année, les sommes en liquide augmentent, tandis que le montant des placements diminue. Ainsi, la dette nette semble avoir diminué moins vite qu’elle ne l’a fait en réalité.
Pour s’en convaincre, il faut énumérer un festival de chiffres.

C’est depuis 2006 que l’Etat est en mesure de placer de l’argent. Il commence timidement avec 133 millions. En 2007, le Département des finances place jusqu’à 1,355 milliard. Puis la somme placée diminue régulièrement: en 2008, 930 millions. En 2009, 840 millions et en 2010 seulement 650 millions. En revanche, la part d’argent liquide, qui n’entre pas dans le calcul de dette parce qu’elle n’est pas placée, augmente régulièrement: de 158 millions en 2005 à 1,558 milliard en 2010.

Ainsi, en 2006 le canton place 133 millions et garde 166 millions en liquide. La dette nette est de 5,879 milliards. La dette «recalculée» de 5,713 milliards. En 2007, le canton place 1,355 milliard et ne conserve en caisse que 366 millions. La dette nette est de 4,055 milliards et la dette «recalculée» de 3,689 milliards. En 2008, l’Etat place 930 millions et conserve seulement 672 millions en liquide.

La dette s’élève à 2,960 milliards et la dette «recalculée» à 2,288 milliards. En 2009, les placements s’élèvent à 840 millions, les liquidités à 1,562 milliard. La dette nette annoncée est à 2,450 milliards et la dette «recalculée» à 888 millions. Bref. Depuis 2007, l’écart se creuse entre la dette nette et celle qui peut être recalculée en soustrayant les liquidités en caisse.

Pourquoi la part des placements baisse-t-elle d’année en année? Pourquoi, à l’inverse, la quantité de liquidité augmente? Est-ce pour permettre de maintenir la dette affichée à un niveau préoccupant et cacher la bonne santé financière du canton? Eric Birchmeier, chef du Service des finances, répond que ces montants dépendent seulement des possibilités du moment.


Le département conteste

Pascal Broulis n’a pas souhaité s’exprimer. A sa place, Eric Birchmeier, chef du Service des finances, conteste le calcul fait ci-contre. «D’abord, Vaud est le seul canton à présenter une dette nette. Les autres cantons annoncent une dette brute, beaucoup plus haute. On aurait pu faire de même.»

S’il ne conteste pas la manière de calculer la dette nette, il avance un autre calcul: «Prenez au bilan le passif, il est de 6,680 milliards et l’actif de 5,085 milliards. Cela fait une dette de 1,595 milliard. On doit ajouter les quelque 300 millions de francs payés en avance par les contribuables pour 2011 et on obtient une dette nette de 1,9 milliard. C’est bien celle que l’on annonce.»

Il reste qu’en plaçant toutes les liquidités à disposition au 31 décembre 2010, le canton aurait affiché une dette nette officielle de 352 millions.

 

Selon les comptes arrêtés au 31 décembre 2010, l'Etat de Vaud n'a en fait plus de dette. Il affiche pourtant encore une dette nette officielle de 1,91 milliard de francs. De ce montant, il faut d'abord soustraire le 1,054 milliard qui est dans les caisses de l'Etat. La dette "recalculée" est alors de 352 millions de francs.

Le canton détient encore des actions de la BCV pour un montant estimé entre 650 millions et 700 millions de francs, qu'il peut vendre à tout moment, sans perdre la majorité légale de la banque de 50,12%.

Plus de dette ! Des lors, il est temps que Broulis et son équipe commence a entretenir le réseau routier vaudois qui est digne du tiers monde et dangereux. Par la même occasion, le fisc doit diminuer les impôts de la classe moyenne en particulier des couples sans enfant et des célibataires qui supportent aujourd'hui l'essentiel des charges, cela ne serait que justice.

Vous avez absolument raison.

Couples sans enfants et célibataires . . . . les seul qui ont quelques moyens financiers pour les vacances et les loisirs. Je vous garantis que les déductions pour les enfants ne couvrent de loin pas les frais.
Mais il est vrai que c'est un choix.

classe moyenne en particulier des couples sans enfant et des célibataires qui supportent aujourd'hui l'essentiel des charges ????
"rectificateur" doit pas être bien renseigner.

Un célibataire a un quotient de 1
Un couple marié de 1.8 alors qu'ils sont 2
Un couple marié avec un enfant un quotient de 2.3 alors qu'ils sont trois.

Bref, tout ça pour dire que malheureusement M. Broulis n'a pas l'intention de baisser les impôts pour les citoyens, mais préfère accorder des forfaits fiscaux aux expatriés ( entreprises et particuliers qui en même temps font grimpé le prix de l’immobilier)

C'est vrai vous avez raison ! Ma fille de 2 ans me rapporte un salaire d'environ cinquante mille francs/an...Par ailleurs, elle ne me paie pas de loyer, ni la nourriture, ni les loisirs. Vous avez raison, on est trois...Arrêtez de dire des âneries.

Baisse d'impôts SVP, rendez notre canton concurrentiel par rapport aux autres!

Rien que votre pseudo dit tout sur le pourquoi vous demandez des baisses.

C'est comme chez les vieux couples. Quand monsieur arrive enfin à mettre un franc de côté, madame réclame une nouvelle robe. C'est la dure loi de l'argent !

Je suis parti du Canton de Vaud, et là où je suis, je paie moins d'impôts en étant seul avec ma Femme que lorsque nous avions encore notre Fils en habitant à Lausanne.... Alors le sourire béat de Monsieur Broulis quand il annonce une diminution de la dette, j'en ai plus rien à faire, juste la satisfaction de ne plus être là-bas......

Ou qu'ils arrêtent de massacrer la classe moyenne dont je fait partie avec des impôts iniques.

Et dire que le Canton "n'a pas l'argent" pour financer les 150 mios manquants pour le futur M3.

C'est bien de ne pas avoir de dettes. On est plus riches. On n'est pas obligé de "perdre" de l'argent en payant des intérêts à des banques.
Bravo pour cette conduite financière.
Et les routes ne sont pas si mal, etc.

N'oublions pas que c'est un ancien banquier, qui plus est de la BCV, et qu'il faut gratter l'argent jusqu'à la moelle, jusqu'à l'absurde...

Il a de la chance que le solde migratoire soit en sa faveur et que celui des appartements, presque en négatif, n'incite pas à bouger........

Pas de dettes, c'est bien, mais investir, ne serait-ce que dans la formation, la recherche et les routes, c'est mieux plutôt que de tout garder.....

Vous réclamez des baisses d'impôt pour la classe moyenne ? Moi aussi. Mais je ne rêve pas, cela n'est pas prêt d'arriver ! En effet, Broulis fait partie du parti qui devrait proposer ce genre de baisses (il n'y a pas de PDC sur Vaud). Donc aux prochaines élections, soit il est réélu et rien ne change, soit il passe à la trappe et c'est un socialiste ou vert qui prend la place, et là, c'est plutôt les dépenses qui vont augmenter.

J'ai du souci, beaucoup de souci pour ce Canton

Calcul du montant que le canton de Vaud aurait dû verser pour la péréquation = faux ( 28 millions au lieu de 320 ! )

Calcul du montant de la dette = faux

Selon les notations faites à l'école , le test en calcul fait par l'élève Broulis est noté NA ( non atteint )

De plus maintenant , il n'assume plus ses erreurs mais envoie ses lieutenants au casse-pipe.

Il y a quelques années , je trouvais que M.Broulis faisait du bon boulot et j'ai même voté pour lui ( même si je suis plutôt de gauche) mais là , on sent une usure chez cet homme, des imcompréhensions dans ces arguments , bref , je pense qu'au mois de mars 2012 , il faudra bien réflechir avant de voter M.Broulis pour le Conseil d'Etat.

Quant à une baisse d'impôt pour les familles notamment , à moins de faire la grève du bulletin de versement , on peut toujours rêver....par contre pour les + fortunés , je pense que le département des finances va nous pondre quelque chose...

Et bonne journée à toutes et à tous

Personellement, je serais plutot pour la creation d'un fond d'investissement.
Les bonnes annees verraient les dividendes aller augmenter le capital alors que les mauvaises annees, les dividendes serviraient a couvrir le deficit.
C'est une strategie a long terme mais qui garantirait la sante economique du canton a long terme, d'ou resulteraient une possible reduction des impots et une augmentation des depenses sans douleur et perrene.

Eric Birchmeier, chef du Service des finances, conteste le calcul fait ci-contre. «D’abord, Vaud est le seul canton à présenter une dette nette. Les autres cantons annoncent une dette brute, beaucoup plus haute. On aurait pu faire de même.»

Un gag : on compte le passif et pas l'actif. Si une sociét privée faisait cela, cela s'appellerait "faux dans les titres" et est passible de la prison.

Avant, Vaud avait une réputation de ne pas tenir son budget; quelle va être la réputation du canton quand on se rendra compte que la réalité est cachée ?

Et dire qu'ils pleurent encore et n'entretiennent pas les infrastructures comme leur devoir le commande (routes, autoroutes avant le transfert à la confédération, équipements hospitaliers hors CHUV,...) et que les projets sont bloqués et que les impôts augmentent régulièrement au moyen de taxes et transferts cantons - communes.

A méditer au moment des élections. En tout cas, mon opinion à moi est faite.

Je recommande à 24Heures d'offrir un cours élémentaire de comptabilité à M. Favrod. Pour un Canton, comme pour une entreprise et comme un ménage, les liquidités ne servent pas seulement à rembourser les emprunts, mais également à payer les factures à échéances et les dépenses courantes. Pour se prononcer sur le sujet traité, il est indispensable de disposer d'un bilan complet et détaillé.

Parfaitement d'accord avec caviarch, je ne partage pas les options du PLR, de loin pas. J'ai l'impression cependant qu'une opération ant-Broulis est lancée par la droite ultra- libérale (Udc) comprise.

V8 nous dit: rendez notre canton concurrentiel...
C'est vraiment n'importe quoi, concurrentiel (le mot magique) pour quoi pour qui? Pour attirer encore plus de riches qui feront augmenter les prix du logement? Des entreprises dont on ne pourra pas loger les employés? Je n'ai pas envie que l'on fasse de ce canton le Monaco de la Suisse, je ne veux pas être obligé de m'expatrier dans les montagnes pour laisser la place aux millionnaires qui seuls, auront les moyens de se loger entre Montreux et Nyon.

C'est comme je lui est répondu, rien que son pseudo dit le pourquoi il demande des telles choses.

Après avoir "pompé" les communes avec la péréquation et "refilé" les traversées de localités auxdites communes, ont peut se vanter de faire du bénéfice.

Bon vu que Broulis est pa mauvais on le place au finance de la ville de Lausanne. Mais maintenant que les caisses ne sont pas vides, on pourrait avoir une autoroute de contournement digne de ce nom,un M3. Il faut investir un peu, et surtout payer des cours de sourire a ceux qui bosse aux impots et bien leurs dire que c'est le contribuable donc moi qui leur paie le salaire, donc un peu de respetc. Le chuv a besoin aussi d'un cout de neuf etc etc....

A lire la plupart des commentaires, il ne faut pas s'étonner que tant d'Etats et de ménages soient surendettés - la notion historique de gestion de bon père de famille a hélas disparu pour ne laisser place qu'aux dépenses et à la consommation. La Suisse et quelques Cantons ont eu le privilège d'avoir des Mertz et des Broulis pour assainir leurs finances calamiteuses. Ce ne devrait pas être pour qu'ils retombent dans le vice des déficits à la première occasion.

Et pis Monsieur le CE Broulis pourrait aussi penser aux fonctionnaires qui ont contribué à cette situation, non ?

Ils y on contribué en étant payés beaucoup beaucoup trop à la place de beaucoup beaucoup beaucoup trop ? Si pas content, pas de problème, changez de job !

La Norvège a d'énormes revenus pétroliers depuis quelques dizaines d'années. Ses citoyens n'ont pas décidé d'en profiter, mais ont choisi de ne pas les toucher, les mettant de côté pour des situations catastrophiques futures. L'Etat continue d'équilibrer son budget avec les recettes fiscales courantes. A méditer pour tous ceux qui veulent partager un gateau qui n'existe même pas !

Pour les baisses d'impôts, peuzx-t'on penser aux pères qui doivent payaer une pension à leur ex et é leurs enfants qui ont plus de 18 ans et que l'on ne peux pas déduire des impôts.

@Nanard : Quand je vois les plans de retraite offerts aux enseignants, aux policiers, etc. par rapport à ce nous avons dans le privé, je n'arrive pas à m'enlever de l'idée que l'on noircit la situation réelle, ceci juste pour préserver les privilèges de nos fonctionnaires. Ceci dit, sans qualifier négativement le travail qu'ils accomplissent mais tout ceci commence à coûter fort cher.
Rigueur budgétaire ok, thésaurisation non. Quant à Broulis, facile de plastronner quand les entreprises vont bien. Sa vision des investissements nécessaires pour l'avenir ne traduisent hélas qu'une gestion de comptable de beau temps et non de visionnaire.
Mais bon, comme on le laisse faire...

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