LAUSANNE

Le projet Icare «décolle» sur la piste de la Blécherette

Par Raphaël Ebinger le 26.03.2010 à 00:02

Le tricycle et sa remorque qui feront un tour du monde grâce aux énergies solaire et éolienne ont été testés hier en vue de leur immatriculation. L’expérience fut concluante, et le départ est prévu dans moins de deux mois. Reste maintenant à boucler le budget…

«Je ne regarde pas! Nous n’avons jamais pris de virages aussi brusquement!» Marc Muller était anxieux, hier, aux abords de la piste de l’aéroport de la Blécherette, à Lausanne. Entre 7?h et 8?h, son tricycle et sa remorque, avec lesquelles il entreprendra un tour du monde, propulsé par les énergies solaire et éolienne, passaient un examen important, celui du Centre de tests dynamiques. Les experts biennois, appelés par le Service des automobiles vaudois, ont pris un malin plaisir à brusquer la machine, afin de tester sa tenue de route à une vitesse de 75?km/h. Un exercice nécessaire, avant de délivrer le permis de circulation qui permettra à l’expédition d’emprunter les 40?000?kilomètres de bitume autour du monde.

A l’intérieur du cockpit, Marius Bloch était plutôt serein au pilotage, malgré la méconnaissance du véhicule, qu’il a découvert dix minutes avant de se lancer à pleine vitesse sur la piste. «Ça va, je n’ai pas eu peur, reconnaissait, dans un français hésitant, l’expert-testeur. J’ai une certaine habitude à essayer des engins nouveaux. Je n’ai pas constaté de problème avec celui-ci, qui est assez habile.» Bref, l’essai est concluant en ce qui concerne le comportement du tricycle et de sa remorque.

«En réalité, nous devions tester la composition du véhicule, remarque Jean-Marie Dumusque, expert principal au SAN (Service des automobiles et de la navigation). Le tricycle est déjà homologué, mais pas la remorque.»

«Tout est en ordre!»
Au terme de l’heure d’essai sur le tarmac de la Blécherette, qui offrait les conditions nécessaires pour atteindre en toute sécurité les 75?km/h désirés, Marc Muller ne cachait pas sa satisfaction. «Tout est en ordre!» lançait-il avec fierté. Restent toutefois quelques formalités à remplir, avant de prendre la route. «Nous avons maintenant besoin de la certification de la remorque, s’inquiète l’initiateur du projet. Pour cela, il faut la signature des auteurs des plans, qui ont été dessinés il y a vingt?ans à l’EPFZ…» Ce qui ne sera pas facile à obtenir, estime-t-il. «Le SAN travaille dans un cadre strict, précise Marc Muller. Il ne laissera rien passer, mais ses collaborateurs nous aident pour que nous réussissions à surmonter les obstacles.»

Ce qui s’avère précieux pour l’équipe d’Icare: dès que le véhicule éolio-solaire recevra son immatriculation, les batteries et les panneaux solaires seront enfin posés, afin de tester le matériel hors des circuits. Une étape importante, autant du point de vue technique que financier. En effet, l’équipe espère doper les soutiens en prouvant que son véhicule est apte à partir à l’aventure et ainsi boucler son budget, d’un demi-million de francs. Si le véhicule et son équipement sont financés, il reste encore à trouver près de 70?000?francs pour couvrir les frais liés au voyage. «Nous partirons, c’est sûr, insiste Corinne Mottu, chargée de communication. Mais, pour l’instant, nous ne dépasserons pas les Etats-Unis…» Un pays qui se trouve au tiers du parcours envisagé.

www.projet-icare.ch


Un tour du monde grâce au soleil et au vent

Le projet Icare a l’ambition d’effectuer un tour du monde à travers une trentaine de pays, sur quatre continents. Le départ est prévu entre le 15 et le 21 mai, depuis Yverdon-les-Bains ou Berne. Grâce à un tricycle tractant une remorque faite de panneaux solaires, l’expédition compte parcourir 40?000?kilomètres en une année et demie, sans émettre de CO2. Pour compléter l’apport en énergie solaire, une éolienne sera emmenée et œuvrera durant les arrêts du véhicule.

Cette expédition permettra de visiter des initiatives en matière de développement durable, plus particulièrement les mécanismes de compensation du CO2, présentées et médiatisées dans des reportages vidéo et écrits, réalisés par les deux membres de l’équipage et qui seront diffusés sur le site www.projet-icare.ch et dans le quotidien La Liberté.

Pour relever le défi technique, Marc Muller, initiateur du projet, et sa petite équipe ont bénéficié du soutien de la Haute Ecole d’ingénierie et de gestion d’Yverdon-les-Bains, qui a travaillé sur les cellules solaires. Son homologue fribourgeois a, quant à lui, œuvré dans l’élaboration de l’éolienne démontable.

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