Galère recherche ponton désespérément. La Liberté demeure en effet toujours en eau libre, au large de Morges. Les cinq autres voiles latines du Léman – La Neptune , La Vaudoise , La Demoiselle , La Savoie et L’Aurore – ont au contraire chacune un port d’attache. Mais elles sont isolées en des endroits épars du lac. Pour promouvoir leur navigation à but touristique et ainsi pérenniser les efforts déjà engagés pour le maintien de ce patrimoine historique, le désir avait émergé de les regrouper autour d’un même embarcadère. Et ce tout au long de la belle saison, et non plus seulement pour les quelques jours de la manifestation annuelle Léman Tradition, au départ de Villeneuve.
Cinq ans après que l’idée de fixer cet embarcadère à Montreux a été émise, le projet vient d’être mis à l’enquête publique. Le ponton – situé à Clarens, dans le coude entre le quai Jean-Jacques-Rousseau et le quai de Vernex – serait signalé par deux triangles en mâts tubulaires en acier de 12?m de haut, rappelant la silhouette des voiles latines. Un bâtiment pour des bains publics, en béton, est aussi prévu au même endroit.
Le projet, estimé à 550?000?fr., a soulevé une soixantaine d’oppositions. La grande majorité d’entre elles émanent de voisins, pour l’essentiel effrayés des nuisances provoquées par les bains publics. Dans leur ligne de mire, bruits en soirée et odeurs de WC. Pourquoi avoir rajouté ce versant au ponton? «Vu que des bains et des accès au lac sont systématiquement demandés par la population, nous avons essayé de proposer le paquet le plus intelligent possible», répond Christian Neukomm, municipal des Travaux. Qu’en sera-t-il de la cohabitation des bateaux et des nageurs, un danger souvent évoqué par les opposants? «J’imagine que la Municipalité n’aura pas de problème à expliquer comment cela se passera», affirme l’élu, tout en soulignant qu’il incombe encore à l’exécutif de traiter ces oppositions.
Autorisation de principe déjà donnée par la CGN
L’endroit serait défavorable, à cause des vents. «Avec la vaudaire, ça devient chaotique. Les vagues vont dans tous les sens et tapent sur la rive!» s’exclame Hubert Diedrichs, en charge du dossier quand il était municipal montreusien lors de la précédente législature. «Lorsque c’est risqué, comme ces derniers jours avec la bise pour la CGN, on ne sortira pas, rétorque Eric Teisseire, président de l’Association des voiles latines. Mieux vaut un débarcadère qu’on peut utiliser les trois quarts du temps que pas de ponton du tout!» «Si on pensait que l’endroit était inadéquat, on l’aurait dit avant», rétorque Bernard Jeandet, président de l’association lémanique Galère La Liberté . Les Voiles latines ainsi que la CGN ont en effet été associées aux discussions dès le début. Et la CGN a déjà donné son autorisation de principe.
L’important pour ces dernières: que leur circulation commerciale ne soit pas entravée. Contrairement à ce que proposent les Verts de Montreux dans leur opposition, impossible donc d’utiliser les pontons CGN (celui de Clarens a vu passer 8493?passagers en 2009 contre 6297 en 2006). Pas plus que les deux pontons du Sauvetage, situés devant le Centre de Congrès. «Nos installations sont trop petites et trop faibles pour ces bateaux. Et elles doivent rester impérativement libres, sinon nous ne pouvons pas partir en opération», explique Laurent Widmer, président du Sauvetage de Montreux.