Jean Jacques Schwaab – «sans tiret», précise l’intéressé – dépose aujourd’hui «son» référendum contre la suppression de la gratuité du Tribunal des baux à la Chancellerie. Ce texte a réuni plus de 26?000 signatures valables quand 14?000 de moins suffisaient. Presque un record. «J’en ai récolté 150 moi-même dont 25 en 55?minutes sur le marché de Cully. Tous ceux que j’ai abordés ont signé, y compris le syndic», se réjouit le futur ex-président de l’Asloca-Vaud. «Une victoire d’étape», résume-t-il. Vu que 70% des électeurs vaudois sont locataires, le tour semble même joué, non? «Disons que c’est une étape de montagne avec quelques cols hors catégorie», métaphorise celui qui prise pourtant davantage la voile que le vélo.
«JJS», comme on le surnomme parfois, est tout sourire. Hier, lui et Christine ont fêté leurs 36?années de mariage et ce soir le jeune sexagénaire lâchera donc les rênes de la puissante association de défense des locataires avec le maillot jaune sur les épaules. L’ex-conseiller d’Etat socialiste a sept ans de présidence, soit trois mandats et demi derrière lui, et y milite depuis 1979: «Alors jeune avocat, j’avais participé à l’élaboration de la loi mettant sur pied le Tribunal des baux.»
Lancer imminent d’une «initiative décoiffante»
Seul candidat à sa succession: César Montalto. Le «jeune et brillant avocat lausannois» formé par «JJS» devrait être élu ce soir la tête d’une section forte de 42?000 membres et disposant d’un budget annuel d’environ 2,2 millions. «Il devra recruter suffisamment de militants pour faire marcher la cause. La mission la plus ardue», précise son illustre prédécesseur. Lequel promet aussi pour 2011 une «initiative décoiffante» visant à mettre la pression sur les autorités pour qu’elles construisent de nouveaux logements.
D’ici là, «JJS» se concentrera sur son métier d’avocat et lèvera le pied, mais sans rentrer dans le peloton pour autant. L’ancien conseiller national préside encore le Centre sport-études Lausanne et la Commission des affaires juridiques du Parti socialiste vaudois et continue d’occuper des fonctions notamment au conseil d’administration de la Radio-Télévision suisse romande ainsi qu’à la Compagnie générale de navigation.
Piscine et socialisme
Malgré ces engagements, il pourra désormais se consacrer davantage à son épouse (future retraitée et actuelle directrice du gymnase de Burier) ou à ses fils, Jean Christophe (député au Grand Conseil) et Jean Philippe. Sans doute aussi barbotera-t-il plus régulièrement dans la piscine de sa villa de Riex. Car le président de l’Asloca est propriétaire et même bailleur d’un immeuble à Bellerive. Il ne s’en cache pas, mais précise: «Ma locataire m’a un jour envoyé une lettre de félicitations après une baisse de loyer. On peut être socialiste, sans être ni pauvre ni locataire.»
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