Sous la forme d’une pluie diluvienne, les éléments naturels se sont mêlés à la partie. Ce qui, réflexion faite, était une circonstance idéale pour découvrir à pied les différents aspects du fonctionnement d’un écoquartier. Un des points forts de celui des hauts de Lausanne sera la récupération des eaux de pluie…
Zigzag sur 37 hectares
Ce samedi matin, il fallait néanmoins une motivation bien ancrée pour participer à la balade organisée par la commune dans le cadre des «premières rencontres» de l’écoquartier des Plaines-du-Loup (24?heures des 16 et 18 juin). Même ainsi, le nombre des couples avec enfants sur le ventre ou sur le dos a eu tendance à fondre au fil d’un itinéraire zigzaguant entre pelouses sportives et jardins arborisés.
Revêtu d’un élégant ciré jaune, Laurent Guidetti a guidé la visite. Architecte et conseiller communal du PS lausannois, c’est un des trois fondateurs de Tribu Architecture, qui a remporté le concours international pour l’aménagement des 37 hectares des Plaines-du-Loup. Plus de 3000 logements seront construits en quatre étapes dès 2014. Objectif: remise des clés aux habitants à partir de 2016.
Habiter au futur
Pour Amélie, 10?mois, cette échéance ne semble pas trop lointaine. Ses parents, Vincent et Solenne Rocher, ont rempli le questionnaire remis aux intéressés sous un chapiteau dressé à l’entrée du stade de la Pontaise. Entre jeudi soir et samedi, plus de 500?de ces formulaires ont été distribués aux candidats habitants, et 250 autres à des investisseurs potentiels.
La promenade commence sous le portique du stade de la Pontaise, qui sera remplacé par «une esplanade publique aussi grande que la place Bellecour de Lyon». Vincent Rocher glisse: «Ce qui nous plaît dans ce projet, c’est sa dimension écologique, et aussi la participation à la vie sociale qu’il implique.» Le jeune couple compte adhérer à l’une des coopératives d’habitants auxquelles un tiers du périmètre est réservé. Un autre tiers ira au marché libre, le troisième tiers étant consacré aux logements à loyers contrôlés.
Valéry Beaud est là pour conseiller les Rocher. Il préside l’Association Ecoquartier, forte de 190 membres, qui s’est créée en janvier 2007 pour soutenir la démarche. Valéry Beaud siège aussi au comité de PECHE, «Plateforme d’échange des coopératives d’habitants pour les écoquartiers», constituée il y a à peine quinze jours. Neuf coopératives d’habitants en font déjà partie.
Deux d’entre elles ont livré un projet pour les Plaines-du-Loup, baptisé «Cité solidaire». L’une, Baraka, rassemble déjà une trentaine de coopérateurs de 25 à 40?ans vivant seuls, en couple ou en famille. L’autre s’appelle Casaco. Elle regroupe une quarantaine de personnes de 50 à 70?ans qui veulent «ne pas vieillir trop seules en évitant l’EMS».
Taille des coopératives
Laurent Guidetti fait une nouvelle halte pour indiquer comment les quartiers bâtis autour des Plaines-du-Loup seront intégrés au nouvel ensemble. «De grands îlots d’immeubles contigus offriront une grande souplesse aux aménagements collectifs.»
Les premiers lots de logements seront attribués en 2012, avant le début du chantier. «J’encouragerai les coopératives de petite taille (minimum légal de sept personnes) pour favoriser la diversité sociale et culturelle», promet le Vert Giampero Trezzini, qui a fait passer au parlement communal la règle des trois tiers.
De son côté, Elinora Krebs prédit la fusion des petites coopératives. Cheffe du Service de logement, elle ajoute avec un brin de fierté: «Mais rien n’est arrêté et c’est l’originalité de notre démarche, qui associe tous les acteurs à tous les stades du projet.»