URBANISME

La population de Bussigny doublera ces vingt prochaines années

Par RAPHAËL EBINGER le 15.03.2010 à 00:01

La commune de l’Ouest lausannois possède un potentiel de développement hors norme. Les projets de nouveaux quartiers foisonnent dans la couronne de la localité.

Bussigny-près-Lausanne a un potentiel de développement hors du commun. Elle devrait passer le cap des 10?000 habitants d’ici à trois ou quatre ans et devenir une ville. La commune de l’Ouest lausannois, qui compte actuellement 8100 habitants, pourrait même voir sa population doubler d’ici à une vingtaine d’années.

Face à l’ampleur du développement, les politiques font toutefois preuve d’une prudence de Sioux pour ménager les craintes de la population. «Il existe beaucoup de réserve dans les projets urbains à venir», souligne Jean-Daniel Luthi, municipal en charge de l’Urbanisme. Les procédures de légalisation des terrains pour les rendre constructibles sont en effet à des stades différents (lire ci-dessous).

Dans tous les cas, le Conseil communal, en acceptant le plan de quartier Jonchets lors de sa séance du 26 février, a donné son feu vert à l’arrivée de 400 à 450 nouveaux habitants près du centre, qui emménageront progressivement, au mieux dès 2012. La légalisation de ces terrains, qui doit encore être avalisée par le Conseil d’Etat, est le premier projet d’une série qui permettra à Bussigny de grandir. «Il ne reste plus de terrains constructibles dans le centre», explique Damien Guélat, urbaniste de la commune. Hormis la zone Jonchets, le développement prochain de Bussigny s’effectuera par la suite dans la couronne de la localité.

Densifier pour améliorer les transports publics
Reste que l’explosion démographique chamboulera grandement la vie de la commune. Mais les autorités peuvent difficilement se passer de cette densification souhaitée par le canton, qui l’a placée comme une zone stratégique de développement. Une densification même obligatoire pour envisager une amélioration sensible de l’offre en transports publics. Sans elle, il est simplement impensable de prétendre à des subventions fédérales en vue du prolongement de la ligne de tram qui reliera, en 2016, le Flon à la gare de Renens.

Le doublement de la population en une vingtaine d’années impose un défi important aux autorités politiques. En effet, comment intégrer les nouveaux arrivants pour que Bussigny, où il règne encore une vie villageoise riche, grâce notamment aux nombreuses sociétés locales, ne devienne pas une cité-dortoir impersonnelle? «A terme, il y aura autant d’emplois que d’habitants sur notre territoire, assure tout de même Jean-Daniel Luthi. C’est-à-dire que les Bussignolais ne seront pas forcément contraints d’aller à Lausanne pour travailler.»

En prévoyant d’implanter des aménagements publics, comme des salles de gymnastique et un établissement scolaire, la Municipalité espère attirer aussi la population dans les nouveaux quartiers. Et l’ouverture de petits commerces devrait permettre d’animer ces endroits et ainsi éviter de créer une ghettoïsation, comme c’est le cas dans certains quartiers récemment construits dans le nord de la commune.


PPA: Plan Partiel d'Affectation
PDL: Plan directeur localisé
PQ: Plan de Quartier

 

PPA Bussigny-Ouest

L’une des pièces maîtresses du développement de Bussigny. Les 39 hectares de terrain, aujourd’hui agricole, ont un potentiel pour recevoir 2000 à 2500 habitants et emplois selon le plan partiel d’affectation. Des habitations individuelles prendront place au nord, alors que le sud sera destiné à des habitations groupées. Dans le secteur, il est prévu d’implanter un collège avec des salles de gym, un EMS et des appartements protégés. Des petits commerces et des activités économiques générant peu de trafic (cabinets médicaux, professions libérales, etc.) pourront aussi occuper les fronts de rue. Le PPA est presque prêt à être mis à l’enquête et les premiers habitants pourraient s’installer dès 2015 au mieux.


 

PQ Jonchets

La langue de verdure qui pénètre dans le centre de la localité accueillera ses premiers habitants dès 2012. L’urbanisation de cette parcelle préfigure le développement de Bussigny. Pour préserver l’ambiance villageoise du centre, la densification des constructions s’accroîtra en s’en éloignant.
Des zones de verdure seront conservées. Des possibilités d’implanter des petits commerces sont prévues dans les plans municipaux.


 

PPA Champel

Au sud des voies ferroviaires, le centre d’impression d’Edipresse ou les entrepôts frigorifiques auront bientôt des habitations pour voisines.
A l’extrémité nord-ouest de la parcelle, des logements pourront en effet être construits. Le restant des terrains sera, par contre, toujours voué à des activités industrielles et artisanales. A noter, tout de même, qu’il est prévu d’aménager une place publique au sud de la gare, qui est aujourd’hui en cours de rénovation. Quelque 500 à 700 habitants ou emplois sont attendus sur l’ensemble des terrains.


 

PDL Arc-en-Ciel

De part et d’autre de la route de Renens et de la route de Bussigny, sur les communes de Crissier et de Bussigny, ce sont entre 9000 et 16?000 habitants et/ou emplois qui prendront leurs quartiers. Le secteur de l’Arc-en-Ciel sera transformé pour abandonner sa vocation uniquement industrielle et commerciale. Des parcs de verdure seront aménagés au pied des futurs immeubles et des tours imaginées. En densifiant cette zone, les autorités se donnent les moyens d’accueillir la prolongation du tram qui doit relier le Flon à la gare de Renens en 2016.


 

PPA Industrie

Relativement modeste, le PPA de l’Industrie est bien avancé, puisqu’il a déjà passé dans les services du canton pour un examen préalable. Industrielle, cette zone proche du centre-ville et de la gare attend
entre 300 et 350 habitants ou emplois. «Les propriétaires veulent aller de l’avant», note le municipal Jean-Daniel Luthi. Le développement de cette zone est donc prévu à court terme et devrait permettre la construction d’un bâtiment en hauteur.


 

PPA Rente

Le PPA Rente est légalisé et il est réalisé à 50%. Destiné à recevoir des activités tertiaires et de l’artisanat, le terrain est occupé par le complexe administratif répondant au nom de Business Village, dont le tiers des 30?000?m2 prévus est actuellement construit. Seule l’entreprise générale Losinger y a installé son siège social. D’autres sociétés, freinées par la crise, attendent des jours meilleurs pour investir dans la construction. Cette zone accueille aussi l’hôtel Novotel récemment rénové. Il reste encore de la place pour des aménagements publics, comme une école.


 

 

PDL Cocagne-Buyère

Le PDL n’est pas encore légalisé. Un ambitieux projet signé par l’architecte italien Massimiliano Fuksas occupe le sud de cette parcelle. Sur l’ancien site Veillon, 1000 nouveaux habitants et autant d’emplois sont attendus. Des petits commerces, un cinéma multiplexe, un hôtel, un fitness, des activités de loisirs comme un bowling, ainsi que des bureaux, y sont prévus. Le promoteur, Veillon Immobilière, cherche actuellement des partenaires pour réaliser le projet devisé à quelque 500 millions. Au mieux, la première étape des travaux débutera en 2012 pour se terminer en 2030. Nestlé occupe la partie intermédiaire de la zone. La multinationale a la possibilité de doubler les surfaces de son bâtiment. La parcelle au nord est destinée à accueillir des activités administratives.

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