Licenciements

Un plan pour que Novartis n’ouvre pas une série noire

Par Daniel Audétat le 28.10.2011 à 23:00

Le gouvernement vaudois redoute une multiplication des délocalisations d’entreprises innovantes

Parce que gouverner, c’est prévoir, le Conseil d’Etat vaudois ose penser à l’impensable. Cette audace marque les réflexions que mènent les départements de l’Economie, de la Formation et des Finances en vue d’un renforcement de la stratégie cantonale de soutien à l’économie et l’innovation. Ce programme disposera en 2012 d’un supplément budgétaire d’environ 50 millions, comme l’a annoncé à la rentrée Pascal Broulis, président du gouvernement cantonal.
Un des nouveaux instruments envisagés fera parler de lui. Il s’agit d’une aide financière directe de l’Etat aux entreprises innovantes. Ce serait un argument pour retenir des entreprises tentées de suivre la politique de délocalisation annoncée mardi par Novartis.

Chef du Service de l’économie, du logement et du tourisme, Lionel Eperon le concède: «Cette proposition brise un tabou. Elle va à l’encontre des principes libéraux qui condamnent les entorses à la libre concurrence. Mais des aides directes de cette sorte sont fréquentes dans les pays émergents. Et l’Union européenne y recourt elle aussi sous des formes diverses.»

L’idée reste trop iconoclaste pour que le libéral Philippe Leuba, ministre ad interim de l’Economie, accepte d’en parler maintenant. Il attendra que le Conseil d’Etat ait arrêté l’ensemble de son plan pour prolonger la diversification du tissu économique cantonal. Ce programme sera affiné par les services concernés en novembre, et discuté par le gouvernement en décembre.

Mardi noir

Ce tte réflexion témoigne du renversement de perception qui s’opère dans le canton. Depuis le début de l’année et jusqu’à la fin de l’été, le collège a dû donner la réplique à ceux qui dénonçaient une croissance excessive des activités économiques dans le canton. Du jour au lendemain, la nature des inquiétudes s’est inversée. Désormais, ce sont les sombres nuages de la décroissance que les Vaudois discernent au-dessus des crêtes de leur horizon.

Dans ce contexte, le 25 octobre restera comme une date-clé. Mardi matin, radios et télés ont annoncé que Novartis allait supprimer 1100 emplois en Suisse. Le canton de Vaud sera touché avec la fermeture d’une unité de production qui, à Prangins, emploie 700?personnes, dont 320 seront licenciées dès 2013. Du point de vue des responsables de l’Etat de Vaud, la délocalisation décidée par Novartis pourrait être le premier revers majeur d’une série noire.

Le chant des sirènes

Déstabilisées par la crise européenne des finances publiques, inquiètes de la baisse du taux de croissance sur les marchés du Vieux-Continent, entravées par le franc fort, d’autres entreprises d’exportation du canton réfléchiraient à un changement de stratégie pour préserver leurs profits.

«Jusqu’ici, poursuit Lionel Eperon, nous pensions que la qualité de nos Hautes Ecoles et de notre mains-d’œuvre nous préservait. Cela se dément.» Comme le montre Novartis, ce ne sont plus seulement les unités de production industrielle qui sont déplacées vers les pays émergents, mais aussi les centres de recherche et de développement. Alors l’Etat de Vaud n’a guère le choix. Il lui faudra des arguments forts pour dissuader les entreprises de céder aux sirènes de la délocalisation.


Mobilisation politique

En charge du Département de l’économie, Philippe Leuba indique que la direction générale de Novartis a accepté de rencontrer une délégation du Conseil d’Etat. Pour l’heure, on n’en saura pas davantage.

Les ministres vaudois ne pourront que s’en prendre au raisonnement à l’origine de la réorientation stratégique de la multinationale. Pour justifier ses délocalisations, Novartis relève qu’elle ne réalise en Suisse que 1% à 2% de ses revenus totaux, mais 13% de ses coûts. Déjà confrontée à cet argument, la Confédération a accepté une exception à la loi sur les importations parallèles.

Les pharmas peuvent vendre ainsi leurs produits à des prix plus élevés qu’à l’étranger.Par ailleurs, à l’initiative de la socialiste Géraldine Savary, les 18 conseillers nationaux vaudois élus dimanche préparent un appel qui sera diffusé d’ici à lundi.

Ce soutien aux salariés de Novartis trouvera des prolongements mardi au Grand Conseil, puis lors de la prochaine session des Chambres fédérales.

Faut pas rêver c'est que le début des délocalisations. Lors de la crise des années 1990 il y avait combien d'entreprises fermé et délocalisé. on a refait les mêmes erreurs.le pouvoir de l'argent et plus fort que le politique.

Très juste! Et les décisions prises à Zurich pour les délocalisation effectuées premièrement en Suisse Romande - également comme en 1990!

au moins, des délocalisations en nombre des multinationales permettraient de faire baisser le prix des loyers dans l'arc lémanique, de ce point de vue là ce ne serait pas un mal...

Les loyers ne baisseront jamais autant que ton salaire!

C'est super nous ressemblons de plus en plus à cette belle europe dont vous rêvez, que du bonheur........

Cette fermeture est triste et déplorable, j'en conviens. Par contre, avons-nous eu une pensée pour les travailleurs de toutes ces entreprises étrangères qui ont délocalisé en Suisse ces dernières années ? Cela fait malheureusement partie de cette économie de marché qui est lamentable

Des entreprises ont quittés leurs pays et licenciés leur personnels pour venir ici profité des cadeaux fiscaux de Broulis et de la Suisse,il ne fait aucun doute qu'ils irons voires ailleur quand ils trouveront un autre paradis fiscal ou bien Broulis coupera t il encore dans le budget cantonal pour les retenir avec de nouveaux cadeaux .Et la Suisse regardera la prospérité de l'Europe de l'exterieurs sans paticipé ,

il y a que le protectionnisme intelligeant qui peut aider. l'ingratitude et la bêtise sont les mamelles du capitalisme . Aider les multis sert à rien . Gardez cet argent pour aider les victimes de ces rapaces . Ils ont profité de l'infrastructure et de la formation pour ensuite fabriquer ailleurs

http://www.youtube.com/watch?v=oqowcF38C-s

La déclaration de L.Eperon a le mérite de la franchise: en clair, c'est la panique, il n'est plus question de croissance économique et démographique maîtrisée ou durable, on a aucune idée ni stratégie à moyen terme (exactement comme les responsables européens ou américains), et tout ce qu'on trouve c'est de payer les entreprises pour qu'elles restent, tant qu'on peut se le permettre. LOL !!!


Le problème est certes terriblement complexe, mais partis comme on est, on est au moins sûr de ne pas le résoudre et de s'en prendre plein les gencives à terme: on ne sent absolument pas, chez nos politiques de tous bords, nos experts et nos chercheurs, la moindre moindre velléité déterminée et crédible de se réapproprier radicalement et de façon innovante la gouvernance de notre destin commun... Trop de confort tue la motivation?

"Novartis relève qu’elle ne réalise en Suisse que 1% à 2% de ses revenus totaux, mais 13% de ses coûts."

Oui, et ce n'est guère étonnant si la direction est payée depuis la Suisse. Guère étonnant également si Novartis considère que la recherche, qui avait lieu en Suisse, est une charge. Sans recherche, pas de brevets, sans brevets, pas de production donc pas de ventes...

Mais finalement Novartis ne nous donne-t-elle pas enfin l’occasion de pratiquer les importations parallèles afin de cesser de vendre des médicaments en Suisse 10x plus cher qu'ailleurs?

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