Le constat est implacable. Aux heures de pointe, les jonctions autoroutières de Coppet, de Nyon et de Gland sont saturées, autant à leurs entrées et sorties qu’au niveau du trafic sur les ponts. En janvier, les autorités communales du district ont pris connaissance des conclusions d’une étude commandée par le Conseil régional. Celle-ci dresse une liste de mesures raisonnables à prendre dans les trois à cinq?ans. Mais, avec les 35?000 habitants et les 15?000 emplois supplémentaires que le district de Nyon va accueillir d’ici à 2030, ces mesures ne suffiront plus. Pour digérer le trafic à venir, il faudra de très gros chantiers, qui coûteront des dizaines de millions de francs.
«Le développement régional en dépend»
«Il ne faut pas avoir peur des coûts, sinon rien ne se fera, insiste Pierre Staempfli, responsable de la mobilité au sein du Conseil régional. Le canton est conscient que le développement de la région dépend de ces infrastructures, qui sont d’ailleurs liées à une réorganisation des dessertes de bus. Pour les mesures à court terme, nous envisageons de présenter un avant-projet au canton cette année encore. Sur le long terme, les discussions sont ouvertes avec l’ensemble des communes du district. Une position forte et unie sera nécessaire pour obtenir les soutiens financiers de l’Etat et de la Confédération.»
«Dans les solutions à court terme, on ne touchera pas aux ponts et on ne créera pas de nouvelles sorties d’autoroute, poursuit Pierre Staempfli. Il s’agira surtout de favoriser le passage des bus, toujours dans le but d’inciter les automobilistes à prendre les transports publics.»
Plus de 130 millions
Des aménagements seront réalisés aux approches des jonctions afin d’éviter que les bus ne soient coincés dans les bouchons (voies en site propre). Et les feux seront régulés pour leur donner la priorité. Certaines dispositions seront également prises pour fluidifier les sorties de l’autoroute et éviter le dangereux refoulement des colonnes de voitures sur l’A1. Le franchissement des ponts sera facilité pour les piétons et les cyclistes. Coût estimé de l’ensemble des travaux, y compris sur la jonction de Rolle: 5,1 millions de francs .
A l’horizon 2030, les bouchons joueront à nouveau avec les nerfs des automobilistes. Selon l’étude technique, il faudra mettre en œuvre de très gros chantiers (excepté à Rolle), qui coûteront d’importantes sommes. Si les vœux des communes concernées sont exaucés, on parle d’un coût total dépassant les 130 millions de francs.
A long terme
À COPPET, dans la perspective d’une troisième voie sur l’autoroute jusqu’à Genève, l’étude propose d’aménager deux nouvelles voies côté Jura de la jonction, d’élargir le pont avec deux voies supplémentaires, et de doubler les giratoires à proximité (avec feux régulateurs aux heures de pointe). Coût: entre 10 et 15 millions.
À NYON, la variante «feux ou agrandissement» propose un plan de mesures similaires à celui de Coppet. Coût: 12,5 millions. La réalisation d’un trèfle est aussi possible. Il réservera davantage de capacités pour l’avenir mais coûte nettement plus cher: environ 36 millions. Le pont peut être élargi en attendant la réalisation du trèfle.
À GLAND, sur les six variantes présentées, les communes de Vich et de Gland se sont prononcées en faveur de la solution «idéale», soit
la suppression de la sortie actuelle au profit de l’éclatement de la jonction et de contre-routes. Coût: plus de 100 millions.