«Comment était notre ville autrefois?» Cette question accueille l’internaute sur «Vevey à la Belle Epoque», une page du réseau social Facebook. Pour y répondre, François Cand, créateur de la page, a collecté 146 prises de vue de sa ville, issues de livres, de cartes postales anciennes et autres tirages photographiques à l’âge respectable. «Et je vais en rajouter d’autres!» promet-il.
«J’aurais aussi pu appeler ce groupe «Le Vevey d’autrefois», précise François. Selon son acception, le terme «Belle époque» ne recouvre pas seulement la vingtaine d’années précédant la Première Guerre mondiale; les clichés couvrent de la fin du XIXe siècle aux années?70. «C’est, pour moi, une meilleure période que l’actuelle. Des quartiers complets n’avaient pas encore été détruits.» Là, le passionné s’emporte contre Nestlé: «Pourquoi n’ont-ils pas laissé la maison de Gustave Eiffel?» A 40?ans, c’est avec émotion que François se rappelle quand, se rendant à la piscine voisine, il passait devant la bâtisse du constructeur de la tour Eiffel et admirait la vieille Citroën DS parquée devant le seuil. Le siège de la multinationale l’a balayée.
Parmi les images de «Vevey à la Belle Epoque», l’internaute découvrira l’aspect de la place de la Gare quand le tramway y circulait. Ou s’étonnera du sable qui accueillait les baigneurs là où se trouve actuellement la piscine, construite au début des années 60. Les escaliers et plongeoirs n’ont, eux, pas changé depuis 1929. «L’endroit, Art déco, était extrêmement chic et pas populaire. Il s’y organisait même des défilés de mode!» commente Françoise Lambert, du Musée historique de Vevey.
Madeleine de Proust
Sur le groupe, les commentaires sont unanimes. «Magnifique», «sublime»… Les membres (près de 300 pour l’heure), sont ravis et les remerciements fusent.
Membre du groupe, Anne de Deservillers, Française de 45?ans, est arrivée à Vevey il y a plus d’une année: «J’en apprends plus sur la ville via ce genre de sites que par le biais de l’Office du tourisme!» Catherine Méan, 66?ans, y a, elle, retrouvé des souvenirs d’enfance. «Entre autres, cela m’a rappelé l’odeur du torréfacteur de la rue de Lausanne.» François lui a peut-être insufflé un virus. «Je vais ressortir des cartons d’images du galetas», conclut-elle.