Se mouvoir intensément pour émouvoir profondément. Le comédien, puis metteur en scène, Sandro Santoro a opté pour ce mode inaccoutumé d’expression théâtrale. Avec succès, puisqu’il parvient à en vivre.
C’est donc par le corps et l’instinct, plutôt que l’intellect, que l’artiste morgien, né en 1976 de parents calabrais, traite des thèmes qui lui sont chers. Comme la question de l’identité, du devenir personnel ou encore le plurilinguisme helvétique.
Le jeu théâtral, il l’a découvert à 13?ans. Avant de le perpétuer, toujours à Morges. «J’étais dans la deuxième volée du gymnase et la première chose qu’on a demandée, c’était de créer un atelier de théâtre.»
En outre, il a trouvé un «terrain d’expérimentation décisif» aux Trois P’tits Tours. «J’y ai énormément appris. J’aime beaucoup mon passé d’amateur.» Regard lumineux…
Enfin, l’acteur en devenir a transité par la fameuse Scuola Teatro Dimitri, au Tessin, avant de cofonder, en 2004, la Compagnie Naphtaline.
Directeur artistique de celle-ci, il se plaît à «décloisonner les genres». Les premières qu’il a dirigées sont totalement muettes, les suivantes ont adopté le code burlesque de la commedia dell’arte. Les dernières sont encore différentes. A l’instar de Marietta chez les clowns, où les illustrations d’Albertine servent de «polaroïd» sur lequel viennent se greffer la pantomime des acteurs et la narration du texte de Corinna Bille.
«La marionnette décide de faire le clown et elle ira jusqu’au bout. C’est une revendication sur le plaisir de l’effort», assure l’artiste au tempérament d’entrepreneur. Et de poursuivre: «Mes parents m’ont donné le goût de faire des choses.»
D’ailleurs, Sandro Santoro planche déjà sur deux projets: la mise en mouvement d’écrits de gymnasiens de Beaulieu et une collaboration avec l’auteur Germano Zullo.
Ce soir à 19?h et demain à 17?h. Places entre 14 et 22?francs. Réservations: 021?811?28?48 ou 021?801?53?53.
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