Invention

Un parfumeur découvre à Etoy le raisin déneigeur

Par Blandine Guignier le 30.11.2011 à 22:30

Florent Théotiste a créé un produit à base de marc qui sera testé cet hiver pour remplacer le sel sur des routes françaises.

«J’ai remarqué chez un ami bordelais que la neige fondait plus vite dans ses vignes et j’ai voulu comprendre pourquoi.» Si c’est d’une observation dans un vignoble français que tout est né, Florent Théotiste a mis au point sa trouvaille au cœur d’une autre région viticole. Le Snowfree a été conçu dans le laboratoire d’Etoy Discopar SA, entreprise plus habituée à produire des parfums que des substances de déneigement.

Composé à 70% de marc de raisin, le produit se veut une alternative au salage des routes. Une phase test débutera l’hiver prochain avec 10?000 tonnes déversées sur les axes français, notamment en Saône-et-Loire.

«Nous avons trouvé une molécule présente dans le pépin et dans la pulpe de raisin, qui, ajoutée à du sel de déneigement à hauteur de maximum 30% du produit, permet une rémanence plus grande et garde le même pouvoir antidérapant», explique Florent Théotiste. Pour le Genevois, le principal avantage réside dans le fait qu’on peut déverser ces granulés moins régulièrement que le chlorure de sodium. Les déchets végétaux, en se décomposant, dégagent, d’une part, de la chaleur et libèrent, d’autre part, progressivement le sel contenu. «L’effet dure près de quatre semaines!» précise l’inventeur.

Le parfumeur de profession, qui ne se dit pas écologiste dans l’âme, souligne cependant que, avec une même quantité de sel, il est possible de produire trois fois plus de Snowfree. Ce qui signifie moins d’importation en cas de pénurie, donc moins de CO2, et surtout moins de résidus qui infiltrent les nappes phréatiques après épandage. «Mon rêve est que la substance soit adoptée partout en Europe et en Amérique du Nord», lance le créateur.

La Côte propice?
«Afin de poursuivre dans cette même logique écologique, le Snowfree doit être produit localement.» Le collaborateur d’Etoy ne construira pas lui-même une société de production, mais il espère susciter un intérêt de la part des entreprises ou des collectivités qui souhaiteraient acquérir le brevet. Et pourquoi pas à La Côte?

Les viticulteurs de la région ne se sont pas forcément aperçus du pouvoir du raisin. «Pour moi, si la neige fond plus vite dans un clos que dans un champ, cela tient surtout à la pente et à l’exposition au soleil des coteaux», raconte Reynald Parmelin, viticulteur à Begnins. Le marc obtenu après pressurage de raisin, il l’épand sur les vignes comme compost pour qu’il retourne à la nature. «Comme vigneron indépendant, je n’ai pas de problème pour éliminer les déchets, explique-t-il.

Par contre, pour des grandes caves, qui ont des volumes plus importants de résidus, ou à Lavaux, où les vignes sont plus difficiles d’accès, là il y a peut-être un marché.» Le caviste d’Uvavins, par exemple, confirme que la fédération fait appel à la société Germanier pour éliminer le marc, qui le transforme en compost. Reste à savoir si les surplus seraient assez importants pour déneiger les routes du canton.


 

Au canton, le sel reste le préféré

Le Service cantonal des routes est prêt pour l’hiver. Celui-ci dispose d’une réserve de 14?500 tonnes de chlorure de sodium. «C’est le moyen numéro un que nous utilisons pour déneiger les axes, explique Laurent Tribolet, chef de la division entretien. Nous nous en servons parfois sous forme de saumure ou y ajoutons du calcium quand les températures passent en dessous des –7?degrés, pour abaisser le point de glace.»

Le fonctionnaire cantonal découvre juste l’existence du Snowfree. Produire ou acheter la substance, dont le prix conseillé s’élève à 22?francs les 15?litres, lui semble être une alternative trop chère. «L’homologation du produit ou son impact écologique sont autant de questions qu’il faut étudier avant de l’envisager comme véritable alternative», précise-t-il.

Laurent Tribolet évoque également la technique du sucrage, dont l’efficacité est elle aussi plus longue. Il faudra attendre les résultats des tests effectués par l’Office fédéral des routes dans l’Oberland bernois, qui sème un résidu issu de la fabrication du sucre sur l’A6. Autre alternative, les copeaux de bois. La station de Saint-Cergue les avait essayés durant l’hiver 2008-2009. Mais la méthode présente des inconvénients: les copeaux nécessitent des travaux important de ramassage et doivent être brûlés, car pollués. Quant au gravier, son usage est complexe sur les axes à fort trafic.

Et tout ce sel qui se retrouve dans la terre ne fini pas par la rendre stérile pour les plantes? C'est quand même gigantesque comme quantité

Le sel (et l'eau) des routes est évacué par le réseau des égoûts. Là où le problème se pose certainement, c'est lorsque la séparation des eaux claires/eaux usées est déjà une réalité: l'eau salée va directement dans les lacs

Il va falloir en boire, du pinard, pour produire assez de résidus. Le problème, c'est qu'après, y'a pas que les routes qui seront givrées.
Jacques Gaillard, Madrid

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