Les premières publicités contre le projet Métamorphose ont fait leur apparition dans la presse. Depuis la semaine dernière, les opposants dévoilent – à coups d’encarts publicitaires et sur leur site internet – une partie de leurs arguments contre le programme urbanistique prévu par la ville entre la Pontaise et la Blécherette. Un choix dicté par une date de votation fixée juste après la rentrée. «Avec les vacances estivales qui approchent, il fallait commencer notre campagne le plus rapidement possible», confirme Jacqueline Audemars, présidente du comité d’initiative.
Sous réserve de la décision du Conseil d’Etat, l’appel aux urnes a été fixé par la Municipalité au 27 septembre. Et le vote par correspondance pourrait débuter aux alentours du 5 du même mois. Soit une dizaine de jours à peine après les retours des vacances scolaires.
Date contestée
De quoi laisser présager un débat court et intense. Et inquiéter, déjà, certains supporters du projet de construction d’un écoquartier à la place du stade de la Pontaise. «Depuis la présentation du projet Métamorphose, il a beaucoup été reproché à Daniel Brélaz de ne pas être assez ouvert à la discussion… Pourquoi, donc, a-t-il choisi une date de votation si proche de la rentrée? s’interroge le président des radicaux lausannois, Serge Segura. Si l’on n'arrive pas à expliquer clairement tous les enjeux importants liés à Métamorphose pour l’avenir de Lausanne, les gens risquent d’avoir un réflexe protectionniste et conservateur contre tout changement dans leur ville. Encore plus avec des opposants qui semblent vouloir brouiller le débat.»
La lecture des premiers placards de campagne a, en effet, surpris une partie de la classe politique lausannoise. «Les initiants mélangent stades de sport, Caisse de pensions, dette de la ville, résume la présidente des socialistes, Rebecca Ruiz. Autant de choses diverses et variées qui ne concernent pas du tout les enjeux de la votation. Avec de tels arguments, avancés soit par mauvaise foi, soit par démagogie, il va vraiment falloir redoubler d’énergie pour expliquer les vrais enjeux à la population.»
Un travail qui n’a pas encore commencé du côté des convaincus de Métamorphose, sur qui repose la campagne: pour l’heure, leur camp n’est pas encore organisé.
Comités de soutien à créer
Légalement, en effet, l’exécutif ne pourra effectivement pas lutter contre l’initiative communale qui s’oppose à l’un de ses projets. Son rôle se limite à fournir brochure et informations officielles à la population. Pour défendre publiquement ses ambitions, elle ne pourra compter que sur des comités de soutien. Mais, à ce jour, aucun n’a encore été officiellement créé. Selon nos informations, un premier groupement serait en cours de formation. Il réunirait les milieux économiques et sportifs – sous la houlette de Christian Masserey, secrétaire général de la Société industrielle et commerciale de Lausanne et environs. Mais, du côté politique, rien n’est encore arrêté. A part le PDC, tous les groupes représentés au Conseil communal ont soutenu les ambitions municipales. A gauche comme à droite. Mais agendas des partis obligent, leurs rangs ne seront pas resserrés avant la mi-juillet. Un retard qui laissera pour quelques semaines encore un total champ libre au comité d’initiative «Métamorphose autrement».
Tarifs CFF: la nouvelle hausse annoncée est-elle acceptable?