Dès le 1er janvier, Vaud, Genève, Valais, Neuchâtel, Berne et Fribourg feront promotion économique commune à l’étranger. Les six cantons, qui formaient trois structures jusque-là, s’allient pour former la Greater Geneva Bern Area (GGBA), histoire d’attirer les entreprises étrangères en Suisse occidentale. Cette synergie met fin à une dispersion souvent critiquée. Mais elle n’est pas sans dégâts collatéraux.
La fin du Dews, l’agence de développement économique de Suisse occidentale, était connue. Elle est brutale. Son directeur, Jacques Pasche, est licencié pour la fin du mois – sans démériter, précise-t-on – après son adjoint et plus de la moitié des agents prospectant à l’étranger. De quoi susciter des craintes. Le député Vert Philippe Martinet a interpellé le Conseil d’Etat à ce sujet, dénonçant la «dilapidation d’un savoir-faire». A Genève et à Lausanne, les chefs des Services cantonaux de l’économie l’assurent: tout sera prêt. «La priorité absolue a été d’assurer la continuité dans les affaires», note le Genevois Jean-Charles Magnin, qui préside le comité de l’association GGBA, créée début octobre. Pour ce faire, un de ses collaborateurs la dirige ad interim.
Le choix des agents
Le futur réseau, piloté depuis un bureau de 2,5 postes (où a été réengagée une collaboratrice du Dews), comprend une sélection des agents des trois structures: sept du Dews, sept de Genève-Fribourg et six Bernois. Comment s’est fait le choix? D’abord en fonction des marchés jugés prioritaires, France, Allemagne, Italie, Etats-Unis, Brésil, Russie, Inde et Chine. Six autres pays du Dews ont été écartés, même si Vaud envisage de poursuivre des prospections en solo, notamment en Turquie, au Canada et en Israël. «Ensuite, les agents ont été choisis selon la performance et selon une répartition équitable entre chaque structure», explique Lionel Eperon, chef du Service vaudois de l’économie.
Toutes les structures ont dû faire des choix. Plus doté, le réseau Dews paie le plus lourd tribut à la synergie. Au grand dam de Jacques Pasche, qui faisait pourtant ses preuves en attirant 30% des projets de Suisse. Il n’a jamais été consulté. «En se privant de notre agent indien, exceptionnel et primé au World Economic Forum, il semble qu’on fait de l’émotionnel, pas de l’économie.»
Avis divergents
Lionel Eperon, lui, se défend des pertes de compétences. «Il serait présomptueux de dire que le Dews détenait seul l’expérience de la promotion économique.»
Philippe Petitpierre, président du Développement économique vaudois, qui accueille les entreprises étrangères, salue l’unification. Mais ne cache pas certaines craintes. «Il y aura une période tampon de montée en puissance. Mon regret est que nous allons enregistrer une perte au niveau du réseau, qui se traduit en temps et en argent, donc aussi en performances.» Il espère que la GGBA sera très réactive.
Pour la transition, tous les agents du Dews ont dû transmettre leurs projets. La structure «ne toussotera pas», assure Lionel Eperon. Reste à connaître son visage. On attend encore la nomination de son directeur.