ALTERNATIVE

Le Nord perdra sans doute son stade de foot dimanche

Par GÉRALD CORDONIER le 26.09.2009 à 00:06

Si le oui sort des urnes et enterre le projet de pôle sportif au sud de la ville, les investisseurs pourraient imaginer un stade de football avec piscine olympique dans la plaine de Malley, sur les communes de Renens ou de Prilly.

Un autogoal pour la Société de développement du Nord? En lançant son initiative, elle souhaitait forcer la Municipalité à maintenir une infrastructure prestigieuse pour des grands matches de football dans les hauts de la ville. Mais quel que soit le résultat du scrutin de dimanche, la Pontaise ou les Plaines-du-Loup pourraient bientôt ne plus jamais accueillir les fans de ballon rond: un non permettrait, comme imaginé, la création d’une pelouse dans les environs de la Bourdonnette. Mais avec un oui, les joueurs du Lausanne-Sport dribbleraient, peut-être d’ici quelques années, du côté de Renens ou de Prilly. C’est, du moins, ce qu’une rumeur persistante et confirmée à demi-mot à la veille du scrutin laisse envisager.

Depuis le début de la campagne, la Municipalité assure qu’aucun investisseur ne serait véritablement intéressé par un projet de nouvelle arène au Nord. Ni par la participation à une rénovation de la Pontaise: le développement d’activités économiques paraissant difficilement réalisable dans une infrastructure conçue dans les années cinquante.

Ces menaces semblent, aujourd’hui, bien réelles: de sources confidentielles, un projet de stade pourrait être rapidement mis sur pied ailleurs dans la région. Plus du tout à Lausanne, cette fois-ci, mais à l’Ouest, dans le voisinage en friche de la patinoire de Malley, par exemple, ou sur la parcelle prillérane de Bobst.

Pour l’heure, ni les spécialistes de la construction, ni les sportifs, et encore moins les élus concernés ne souhaitent commenter officiellement l’information. A Renens, Marianne Huguenin assure n’avoir jamais été abordée dans ce sens. Tout juste confie-t-on dans l’entourage économico-sportif du dossier que «l’idée est effectivement discutée».

«Si le stade se construit au sud, nous pouvons démarrer le projet, demain déjà: il y a des investisseurs qui nous font confiance et sont prêts à nous suivre», assure-t-on, sous couvert d’anonymat, dans l’une des grandes entreprises générales en lice pour remporter le mandat de construction du futur pôle sportif. «Au nord, par contre, la donne changerait radicalement, avance un autre spécialiste. Il faudrait beaucoup de temps avant que quelque chose de concret ne puisse se réaliser.» En clair, les recours et oppositions prévisibles afin de faire barrage à un nouveau stade dans les hauts et de sauvegarder la Pontaise décourageraient avec certitude certains investisseurs. Alors qu’en se tournant vers une autre commune, les contraintes liées à l’initiative populaire deviendraient dès lors caduques.

A Lausanne, ne subsisterait plus que la question politique – et épineuse – de savoir dans quel but rénover, comme l’espèrent les initiants, un stade construit en 1954 pour des grandes équipes qui pourraient jouer ailleurs. Tout comme celle de savoir si la ville se retrouvera obligée de bâtir une nouvelle infrastructure pour suivre les desiderata populaires issus des urnes.

Une piscine sans stade
«Attendons le résultat de dimanche, tempère le syndic Daniel Brélaz. Si l’initiative passe, nous ne pourrons jamais participer à la construction ou au financement d’un stade ailleurs qu’au nord car nous serons liés par le texte de l’initiative. Il faudra donc clairement étudier la faisabilité d’une piscine au sud mais sans stade. Et sans le soutien de Lausanne, un autre projet de stade à l’ouest sera difficilement viable: Prilly ou Renens n’auront pas la capacité d’assumer seules les coûts d’exploitation d’une telle infrastructure.» Verdict demain.

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