Le Musée olympique sera fermé aux visiteurs pendant une année et demie, voire deux ans, selon le projet choisi. Comme le chalet de la chanson, ce sera pour être reconstruit plus beau qu’avant. Le musée officiel du Comité international olympique (CIO) va bien, avec 200?000 entrées payantes par an et un taux de satisfaction qui frôle la note de 8 sur 10. Mais le CIO veut le moderniser et l’agrandir, comme l’ont expliqué conjointement hier le directeur du musée, Francis Gabet, et le municipal des Travaux lausannois, Olivier Français.
«Une bonne partie de notre exposition est conçue selon un principe chronologique, note Francis Gabet. Et l’olympisme est un monde vivant, avec des Jeux tous les deux ans, voire tous les ans en comptant les Jeux de la jeunesse. Nous manquons petit à petit de place.» Il évoque aussi la nécessité de refondre l’exposition pour mieux coller aux besoins actuels du public: «Aujourd’hui, on va moins montrer des objets, et plus raconter des histoires.»
Il faut aussi remettre les lieux en conformité avec des normes environnementales et de défense contre l’incendie, notamment. Tout cela implique des travaux conséquents, qui font qu’il ne sera pas possible de laisser entrer les visiteurs, même partiellement, durant le chantier. Celui-ci devrait démarrer au plus tôt au début de 2012.
Ce dernier aspect du projet d’agrandissement aura des conséquences certaines sur le tourisme lausannois, voire vaudois. Le Musée olympique représente l’un des lieux les plus courus, juste derrière des sites comme Chillon et la Fondation Gianadda, à Martigny.
«Il est évident que cette fermeture va porter un coup au secteur touristique lausannois, qu’il soit d’affaires ou de loisir, analyse Claude Petitpierre, directeur de Lausanne Tourisme. Il est bien sûr difficile de chiffrer la perte que cela va occasionner. Cela représente sûrement plusieurs dizaines de milliers d’hôtes de passage en moins à Lausanne. Avec bien sûr une perte directe d’entrées et de ressources liées pour le musée lui-même.»
Informer les Chinois
Claude Petitpierre voit deux solutions: «Prendre notre mal en patience, et effectuer un gros travail d’information pour mettre encore plus que d’habitude l’accent sur la grande richesse de l’offre culturelle lausannoise, même sans le Musée olympique. Il faut notamment s’assurer que le message passe à l’étranger, par exemple auprès des nombreuses agences chinoises, qui incluent fréquemment le Musée dans un tour de la Suisse, surtout depuis les Jeux de Pékin. D’ailleurs, le CIO a déjà commencé à informer. Et le chantier d’agrandissement pourrait aussi susciter une curiosité dont nous pourrions tirer parti.»