Un monument symbole; un comité de citoyens en pétard contre ses autorités; un débat tendu. La trame du vote sur le Musée des beaux-arts? Oui. Mais aussi le scénario de Métamorphose, ce grand projet cher à la Municipalité lausannoise. Celui-ci prévoit la démolition du stade de la Pontaise, remplacé par un écoquartier, et la construction de deux stades (foot et athlétisme) et d’une piscine olympique.
Métamorphose suscite l’enthousiasme, mais aussi la grogne. Des habitants du nord de Lausanne et des défenseurs du patrimoine ont lancé une initiative, qui exige le maintien de l’athlétisme et du foot en haut de la capitale vaudoise. Les Lausannois devront voter, en 2009. Plus bas, à Beaulieu, un autre grand projet risque de faire débat: la construction d’une tour de 80?mètres.
«Pas un vote sanction»
Les grands projets lausannois pourraient-ils être emportés par le naufrage du musée de Bellerive? «Je ne crois pas, estime le syndic Daniel Brélaz. L’hypothèse que les Lausannois auraient refusé le Musée des beaux-arts pour montrer leur désaccord envers Métamorphose ne tient pas. On remarque que ce n’est pas seulement Lausanne, mais aussi plusieurs communes environnantes qui ont refusé. Ce n’est donc pas un vote sanction contre la Municipalité.»
Pour l’élu Vert, trois éléments ont coûté près de 10% de «oui» dans l’agglomération lausannoise: la crainte d’un enlaidissement des rives, la volonté d’un centre-ville fort et le mécontentement de la fonction publique. «La région abrite de nombreux fonctionnaires fâchés contre le Conseil d’Etat.» Les autres municipaux lausannois se montrent également confiants. «Seuls ceux qui veulent que rien ne bouge vont faire le lien entre le musée et Métamorphose», estime le popiste Marc Vuilleumier. Avis partagé par la socialiste Silvia Zamora. «Même si l’initiative gagnait, Métamorphose ne serait pas mort. On pourrait tout à fait construire un écoquartier autour de l’actuel stade.»
Quant à Olivier Français, il estime que la ville fait preuve d’une «certaine écoute» dans le dossier Métamorphose, ce qui devrait lui permettre d’éviter un échec. «En un an et demi, nous avons déjà mis de l’eau dans notre vin.» Un avis que ne partage pas Jacqueline Audemars, membre du comité d’initiative pour le maintien des deux stades au Nord: «Les autorités lausannoises lancent de grands projets sans consulter la population concernée. La votation sur le Musée des beaux-arts montre que cette manière de faire est totalement contre-productive. Il faut qu’il y ait sur ce pla n une véritable métamorphose des autorités…»
Dimanche, à l’heure des résultats, Daniel Brélaz brillait par son absence. Une dérobade? «Pas du tout, réplique le géant vert. Mon absence n’était pas politique. J’assume aussi bien les défaites que les victoires. J’avais simplement convenu depuis longtemps avec Silvia Zamora que ce serait elle qui répondrait présent ce jour-là. De plus, dimanche, j’étais occupé par différentes activités familiales et professionnelles, notamment la préparation de la session fédérale.»
J. MA.