Un groupe de cavaliers et d’éleveurs lucernois, Pro Haras, a lancé une pétition nationale pour demander au gouvernement de renoncer à fermer le Haras national d’Avenches, en 2011, pour économiser 7??millions de francs par an. Le parlement doit encore se prononcer sur cette proposition annoncée le 25 février dernier dans le cadre de coupes budgétaires.
Un groupe de soutien s’est ouvert sur Facebook. Il compte actuellement 4700 membres, selon Pro Haras, dont la pétition a déjà récolté plusieurs milliers de signatures. Une mobilisation réjouissante, mais pas suffisante, prévient le vétérinaire Charles Troillet, président de la Fédération suisse des sports équestres: «Il y a 38?ans, la cavalerie a été supprimée, malgré une pétition munie de 432?000 signatures. Il faut faire connaître la mission du haras aux parlementaires et leur expliquer qu’il n’est pas qu’un dépôt à étalons.»
Supprimer ce centre de compétences et de formation, «indispensable pour tous les détenteurs de chevaux, mais également pour la recherche en médecine du cheval», serait lourd de conséquences, soutient le spécialiste. Sans compter l’importance économique de la branche équine: 1,5 milliard de francs de chiffre d’affaires et 85 millions d’impôts pour la Confédération. Le haras génère 1,5 million de rentrées et paie à la Confédération un loyer de 1,5 million par an. Son coût réel est donc de 4??millions. De plus, le bâtiment, qui date de 1899, est un bien culturel.
Les cantons romands ont déjà fait part de leur vive opposition. Le Grand Conseil vaudois a voté une résolution demandant au Conseil d’Etat de chercher une solution durable avec les partenaires concernés (24?heures du 3 mars). A Fribourg, les députés s’inquiètent: 38 des 60 salariés du haras vivent sur le territoire fribourgeois. Le gouvernement jurassien a publié un communiqué de protestation: la fermeture du centre entraînerait d’importantes difficultés pour les éleveurs de la race franches-montagnes. A Berne, des parlementaires romands de tous bords ont promis de relayer le message. Reste à convaincre les Alémaniques.