L’avis des médecins sur la réglementation du suicide assisté est très important. En effet, le Conseil fédéral aimerait leur attribuer un rôle prépondérant dans un projet de révision législative qui était soumis à consultation jusqu’au 1er mars dernier: aucune décision ne pourra être prise sans l’attestation de deux médecins indépendants. Pour répondre à cette consultation, la Société vaudoise de médecine (SVM) a demandé l’avis du corps médical. Il vient d’être publié dans le Courrier du médecin vaudois. Les praticiens estiment à 57,5% que l’assistance au suicide à «certaines conditions» devrait être autorisée. Seuls 19,3% pensent qu’il faut en rester à la situation actuelle et ne pas réglementer l’assistance au suicide, tandis que 18,9% prônent l’interdiction pure et simple.
«Le résultat de la consultation correspond à la vision du comité de la SVM. Mais sur un sujet touchant aux fondements éthiques de notre profession, il fallait s’appuyer sur l’avis de nos membres.» Le président de la SVM, Jean-Pierre Pavillon, est satisfait de son coup de sonde. Le questionnaire envoyé aux 2200 membres de la SVM n’a reçu que 233 réponses. «Ce taux n’est pas si mauvais, estime Jean-Pierre Pavillon. Nombre de médecins, comme les ophtalmologues, ne sont pas concernés par la thématique, tandis que les oncologues ou les internistes y sont directement confrontés. Ces derniers ont été nombreux à répondre.»
L’exception des maladies psychiques
Les médecins vaudois écartent en revanche à 53,6% une proposition laissée ouverte par le Conseil fédéral: pas question de suicides assistés pour les personnes malades psychiquement. Ainsi, les médecins sont sur la même longueur d’onde que le Conseil d’Etat vaudois. Ce dernier a répondu à la consultation fédérale le 17 février. Il approuve la réglementation à l’assistance au suicide, en demandant que les maladies psychiques soient exclues. Le Conseil d’Etat rappelle au Conseil fédéral que Vaud va être confronté à une problématique similaire: une initiative de l’association Exit visant à autoriser le suicide assisté dans les EMS subventionnés a abouti en février 2009 et devrait être soumise au peuple en 2011 ou 2012. Et cette initiative ne paraît pas aussi bien accueillie par le corps médical que la proposition du Conseil fédéral, les médecins en EMS préconisent en effet de prendre en compte dans chaque établissement le refus ou l’acceptation de l’intervention d’Exit par les autres résidents et le personnel de l’EMS.