SUBVENTION

Loyer trop élevé? Le coup de pouce leur passe sous le nez

Par LAURENCE ARTHUR le 08.02.2010 à 00:09

L’aide individuelle au logement est censée soulager les familles modestes. Paradoxalement, des loyers trop élevés empêchent les citoyens d’en bénéficier. Exemple à Morges.

La ville de Morges dispose d’un fonds annuel de 650?000?francs pour soulager les familles avec enfants lorsque leurs loyers sont trop importants par rapport à leurs revenus modestes. Mais, de cette coquette somme, seuls 14?000?francs ont pu être versés à treize ménages.

Un piètre résultat au regard des projections du Service cantonal du logement, basées sur les déclarations fiscales. Celles-ci tablaient sur un potentiel local d’au moins 212 ménages, parmi ceux qui ne sont pas au bénéfice d’autres aides sociales (revenu d’insertion minimum ou AI).

Le manque d’empressement des foyers morgiens étonne. Qui ne rêverait pas d’obtenir un coup de pouce pris en charge pour moitié par la commune et pour l’autre moitié par le canton pour régler son loyer? «Je suis choquée de voir aussi peu de monde profiter de l’aide individuelle au logement. Il faut revoir les règles d’attribution trop restrictives de manière à toucher plus de monde», a réagi Claudine Dind (Verts) lors du Conseil communal de Morges, mercredi soir.

Critères trop stricts par rapport aux prix morgiens
Ce sont en effet ces règles qui expliquent l’accès limité des ménages à cette aide. Un obstacle majeur est constitué par le montant du loyer. S’il est plus élevé que la moyenne cantonale, il ne peut plus être subventionné selon le règlement d’aide individuelle au logement, entré en vigueur en 2008. Le canton veut ainsi éviter de financer des logements de luxe ou d’alimenter la tendance aux augmentations. Pour une famille de quatre personnes, le loyer de référence d’un quatre-pièces a ainsi été fixé selon la moyenne cantonale à 1800?francs, mais à Morges, cette dernière se situe à 2300?francs

L’Etat a certes assoupli le dispositif depuis le 1er janvier 2010. Une demande ne sera plus écartée d’emblée parce que le loyer dépasse de 1 franc ou plus le montant fixé par le canton.?Par contre, la subvention sera toujours calculée en fonction du plafond cantonal. Le dépassement n’est tout simplement pas pris en compte dans le calcul du montant de la subvention. Suite à cette adaptation, les familles morgiennes soutenues sont ainsi passées de neuf à treize.

L’ajustement législatif reste insuffisant selon les élus locaux. «Les données de référence ne correspondent pas à la réalité», notent-ils. «Si vous voulez changer les règles, sachez que toutes les charges qui sortiront du cadre cantonal établi seront entièrement supportées par la commune», prévient la municipale morgienne Sylvie Morel-Podio.

Patience…
Le Département de l’économie, en charge de ce dossier, encourage à se munir d’un peu de patience. «Vevey, qui a été une des deux premières villes à introduire le règlement sur le territoire de sa commune en juillet 2008, commence à voir progresser le nombre de cas. Le démarrage est toujours un peu difficile», nuance Jacques Lechot, responsable du dossier de l’aide au logement au Service cantonal du logement. Le nombre de bénéficiaires à Lausanne a ainsi progressé, passant de 170 à 550.

Bernard Rochat, du Centre social régional de Morges, espère également un réveil des demandes dans sa ville: «Même s’il n’y a pas eu de raz-de-marée en 2009, nous avons reconduit cette aide en 2010. Nous ferons encore de la publicité pour mieux faire connaître cette prestation».

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