Les traits tirés, mais avec le sourire, les organisateurs du Long’I’Rock ont fait un bilan positif de ce festival qu’ils prédisaient unique. Ils annoncent une fréquentation de 28?000 personnes. Malgré des conditions climatiques extrêmes, ces débutants de l’open air s’en sont donc bien sortis.
Aucun souci majeur de sécurité n’a été signalé, si ce n’est une vague massive de vols de porte-monnaie jeudi. «Dès vendredi, nous avons sérieusement renforcé les effectifs de la sécurité sur le terrain. De même que nous avons affiné de nombreux points d’organisation après l’ouverture des portes», précise Samuel Grosclaude, porte-parole du festival.
Pas une goutte sur les festivaliers
Côté circulation, les plus critiques redoutaient un syndrome Leysin avec de gros problèmes d’accès à Longirod. Il n’en a rien été. Malgré les copieuses intempéries qui ont inondé le village situé à 900?mètres d’altitude, les parkings sont restés praticables. Samedi, avec la plus grosse affluence, il fallait tout de même compter une heure depuis l’entrée du village jusqu’au premier bar, des files s’étant formées dans le chemin agricole menant aux parkings et devant l’entrée.
«C’est La Brévine ici», lançait un festivalier samedi soir. Il est vrai qu’avec des températures oscillant entre 6 et 9?degrés, on avait peine à croire que la saison des festivals en plein air avait débuté. Long’I’Rock a toutefois eu de la chance dans sa malchance: aucune goutte de pluie n’est tombée sur la tête des festivaliers.
Sur scène, les musiciens, parfois en T-shirt, à torse nu, voire déshabillés comme Ska-P jeudi, exhalaient des volutes de vapeur à chaque respiration. Aucun d’entre eux ne s’est ménagé. Généreux et visiblement heureux d’être là, les musiciens, débutants en mal de promotion ou stars mondialement reconnues, n’ont jamais livré de concerts au rabais. La palme de la popularité revient sans conteste à Scorpions, qui a clos le festival samedi soir devant 15?000 personnes.
«Dès l’annonce de sa venue, Scorpions a un peu phagocyté le Long’I’Rock», commente Samuel Grosclaude. Mais on n’oublie pas la magnifique soirée d’ouverture avec Skunk Anansie, Ska-P, The Young Gods et Street Sweeper Social Club de Tom Morello et Boots Riley. La soirée metal de vendredi a séduit un public plus spécialisé, mais nettement plus restreint.
En 2011? Question ouverte
La belle affluence de samedi n’empêche pas la question que tout le monde se pose: y aura-t-il un Long’I’Rock numéro deux? «L’interrogation est légitime, reconnaît Samuel Grosclaude. Mais laissez-nous le temps de la réflexion!» plaide le porte-parole de Long’I’Rock. «Ce fut une belle aventure. Pour nous, la priorité consiste d’abord à démonter et à remettre les terrains en état pour la fin du mois. Nous nous déterminerons sur le futur à la fin de l’été.»
En cas de réédition, il n’est pas gagné d’avance que la collaboration des autorités et des voisins soit aussi intense. Mais à voir la satisfaction affichée par la majorité des festivaliers, un second Long’I’Rock aurait certainement déjà trouvé son public.