«Messieurs, place aux filles cet hiver!» Le message, tiré du site internet du Nikita Chickita Swiss Tour, la première compétition de freestyle exclusivement féminine ayant lieu en Suisse, est clair. Les filles ne veulent pas rester dans l’ombre des planches masculines. Et elles l’ont démontré vendredi soir en ouvrant les feux du JIB Festival. Sur la place du Marché de Montreux, 200?m³ de neige ont été déversés pour donner libre cours au jib, ce pendant urbain du freestyle qui se pratique à l’aide de modules rappelant les barrières, bancs ou autres obstacles de la ville. Et, de l’aveu général, il ne fallait pas avoir froid aux yeux pour s’élancer vendredi. «C’est difficile!» s’étonne une jeune femme du staff du festival. «Le parcours des garçons de l’an dernier était plus facile», reconnaît Michèle, organisatrice.
Les garçons auraient-ils corsé le parcours à dessein, pour prouver que les filles ne sont pas à la hauteur? Démenti général! «Au contraire, ils nous encouragent», estime Emilie Cruz, 17?ans, victorieuse vendredi à skis. «Ils ont tendance à ne pas faire de différence entre eux et nous, constate Léa Laveau, 19?ans. C’est bien, ça nous fait progresser!» Vainqueur à snowboard ce soir-là, elle nuance toutefois: «Le milieu reste quand même macho: si on n’a pas le niveau, on n’est rien!»
«Il y a deux types de garçons, résume Laureline Coindoz, 21?ans. Ceux qui nous poussent et ceux qui pensent qu’on ne sert à rien. Ceux-là étaient la majorité, avant. Mais ils sont obligés d’évoluer: on est de plus en plus nombreuses!»
Parmi les garçons assistant au spectacle vendredi soir, certains prodiguaient des conseils. Trois avaient fait le déplacement depuis le Tessin pour encourager leurs amies. «On regarde les compétitions de garçons pour le style, mais les filles nous impressionnent par leurs qualités de caractère», conclut Zeno, 21?ans.