Les lynx ne sont pas très nombreux dans le Jura (l’estimation est de moins d’un animal par 100?km²) et leur population vient encore de s’amaigrir brutalement: l’un d’entre eux a été tué mardi soir par une voiture. Le propriétaire du véhicule, qui roulait vers 18?h?15 entre Le Pont et le Mont-d’Orzeires, s’est arrêté immédiatement après le choc, puis a appelé la gendarmerie, laquelle a averti le surveillant de la faune de la région, Patrick Deleury. Il n’y avait pourtant plus rien à faire pour l’animal, un jeune adulte de 16?kilos, qui est mort rapidement à une cinquantaine de mètres du lieu de l’accident. En octobre 2009, un autre lynx avait été fauché sur la route, à Romainmôtier.
Evidemment, la première question qui se pose est de savoir si le lynx est ou n’est pas Aïsha, la star de presque 3?ans qui s’est échappée le 21 septembre dernier du Juraparc, près de Vallorbe. Après l’autopsie pratiquée hier au Tierspital de Berne, il a été confirmé que le lynx tué n’est pas la fugueuse, qui s’était enfuie du petit parc trois jours après son arrivée, sous les yeux des invités et des photographes! L’animal est plus jeune et moins gros. Et ses origines ne correspondent pas à celles d’Aïsha. Olivier Blanc, patron du Juraparc, s’est rendu rapidement sur place pour vérifier si le lynx mort n’était pas Aïsha, ce dont il était convaincu «à 99%».
Dépouille utile à la société
Et quand donc son parc accueillera-t-il à nouveau un lynx? «En principe en été. Nous avons fabriqué, ce qui était déjà prévu avant l’arrivée d’Aïsha, un nouvel enclos, spacieux. Et nous comptons sur le hasard pour nous fournir un lynx. Aïsha, à 3?mois, avait été trouvée dans une cour d’école à Berne, avant de passer deux ans en captivité, puis d’arriver chez nous. Il faudrait un même concours de circonstances, quelque chose de bien pour le lynx et pour nous, pour que nous puissions enfin en présenter un au public ici!» Et que deviendra la dépouille du lynx après l’autopsie? Sébastien Sachot, conservateur de la faune du canton de Vaud: «Nous allons le faire naturaliser, ou garder la peau, pour des présentations, des travaux. Il sera utile à la société, c’est une certitude!»