Jean-François Kurz a toujours aimé gagner. A la présidence du Lausanne-Sports de 1995 à 1999, il avait remporté deux Coupes de Suisse. Mais dans son combat face à la maladie, il a perdu en ce début de semaine. Le décès survenu la nuit dernière au CHUV, a été annoncé sur le site du FC Lausanne-Sport et du BBC Nyon, deux clubs qu’il a marqué de sa présence et de ses investissements.
Car l’homme, s’il pesait quelques millions de fortune, n’a jamais hésité à les injecter dans les milieux sportifs, emporté par sa passion, mais sans lâcher son pragmatisme de banquier que certains ont critiqué. Des Young Fellows de Zurich au BBC Nyon, en passant par le LS et le Stade Nyonnais, Jean-François Kurz a enchaîné les mandats de président, appelé en renfort pour réalimenter et remettre l’ordre dans les comptes. Elu au sommet de la hiérarchie du championnat suisse de foot, l’ex-président de Swiss Football League a laissé une trace en rebaptisant la LNA en Super League et la LNB et Challenge League.
Financier rigoureux et bien avisé
Au-delà du sport, il a aussi fait état de ses talents de banquier au service de la commune de Trélex. En vingt-deux ans, il a réduit en trois étapes le taux d’imposition de 95 à 55, tout en transformant la dette de 1?million en un actif de 5 millions pour la commune. La SPA de Nyon-La Côte lui doit aussi une fière chandelle.
Son expérience de député au Grand Conseil au milieu des années 90 ne lui a par contre pas laissé un souvenir très heureux. «Beaucoup de gesticulations et peu d'actions», commentait-il.
Adepte de footing, Jean-François Kurz en était réduit aux petits pas ces derniers mois. Il laisse dans la peine une épouse et ses enfants, de nombreux amis à La Côte qui appréciaient l’approche simple de ce richissime citoyen «comme les autres».