Mardi soir, 20?h?15. Assis au sol sous le Chapiteau, des grappes de festivaliers patientent avant le concert du Peuple de l’herbe. La plupart s’en grillent une en toute quiétude et en toute… irrégularité. Car cette année, la cigarette est bannie sous les espaces couverts de Paléo. «Rien n’est indiqué et tout le monde fume autour de nous… alors on ne s’est pas posé de question», s’étonne Fabrice. A quelques mètres de là, Patrick se dit «vaguement au courant de ce projet-là». «Mais je n’ai pas voulu me renseigner davantage, de peur d’apprendre que ce soit vrai. Par contre, j’ai mon cendrier de poche», rigole-t-il en brandissant ce dernier. «On culpabilise moins si on ne laisse pas nos mégots derrière nous», ajoute Ingrid, qui l’accompagne.
Fumeurs ou non, la grande majorité des festivaliers interrogés avouent ne pas être au courant de l’interdiction. Seul élément censé les en informer: des autocollants bleus posés sur les cendriers, aux entrées des lieux concernés. «Nous n’avons pas voulu en faire notre objectif No 1 de communication, reconnaît Christophe Platel, porte-parole de Paléo. On essaie de faire passer un message, sans être moraliste. C’est un équilibre que l’on essaie de trouver.»
Le Peuple de l’herbe a commencé son show. Sous le chapiteau bondé, des volutes de fumée s’échappent de la foule par endroits, à intervalles rapprochés. Comme d’habitude quoi. Un membre de la sécurité nous indique n’avoir «pas reçu comme mission de remettre à l’ordre les contrevenants». La tâche serait de toute façon des plus délicates.
«Année d’observation»
«On est clairement dans une année d’observation, souligne Christophe Platel. Des groupes d’observateurs travaillent sur le terrain, et apportent leur point de vue sur différents aspects de l’organisation, dont le respect de l’interdiction de fumer.» Le porte-parole rappelle que 8% seulement du site de Paléo sont concernés par cette restriction.
Sous le Club Tent, les chevelus rockers de Gush sont eux aussi – dans l’indifférence générale – applaudis par de nombreux spectateurs clope au bec. L’un d’eux, Florian, a un avis tranché: «Cette interdiction est impossible à appliquer. Les gens viennent ici pour se défoncer. Il faut leur laisser des défouloirs!»
Pas sûr que la poignée de stickers suffisent à grignoter l’espace de liberté des festivaliers fumeurs. Coresponsable du Centre d’information pour la prévention du tabagisme dans le canton de Vaud, Myriam Pasche se veut néanmoins optimiste: «Avec cette interdiction, Paléo va déjà au-delà de la loi, on peut le saluer. De toute manière, le changement de mentalité ne s’opérera que sur la durée et pas en un soir de Paléo», note-t-elle.
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