Ils sont quatre; deux femmes et deux hommes. Ils ne se connaissent pas. Et ils vont vivre ensemble pendant deux semaines, dans 50?m2, en étant privés de tout contact avec le monde extérieur. Ni téléphone, ni radio, ni TV, ni bouquins, ni journaux. Rien de rien.
Ça vous rappelle quelque chose? Normal. Les concepteurs de cette «expérience sociale» espèrent lancer une réflexion sur les émissions de télé-réalité du type Loft Story ou Secret Story. «L’attrait des gens pour ces zoos humains modernes nous intéresse beaucoup», explique Fabien Thétaz, président du Mouvement culturel des arts visuels de Monthey.
La comparaison s’arrête là. Car il sera impossible d’observer en direct les faits et gestes des quatre volontaires enfermés dès lundi au Garenne, dans des locaux spécialement aménagés. La seule caméra de l’aventure sera celle confiée aux participants. Leur mission: (se) filmer comme bon leur semble et fournir chaque jour une bande vidéo de 30?minutes aux organisateurs. Au terme de l’expérience, des extraits choisis seront diffusés lors d’une soirée publique, à Monthey, en présence des quatre auteurs.
«Nous voulons explorer la manière dont les relations humaines s’organisent sans les artefacts de la vie quotidienne, poursuit Fabien Thétaz. A l’intérieur, les gens auront juste du papier et des crayons. Le confort sera spartiate. C’est l’extrême inverse de notre société actuelle. Comment brise-t-on l’ennui dans ces conditions?»
«Difficile d’aller bouder!»
Ce questionnement a poussé Madeleine Meyer, 36?ans, à tenter l’expérience. «Tout est parti d’une boutade, raconte la Valaisanne de Choëx, au-dessus de Monthey. J’en ai parlé avec une amie après avoir vu une petite annonce sur internet. Je me suis prise au jeu… et ils m’ont sélectionnée!» Dix candidats ont été auditionnés la semaine dernière. Les quatre lauréats ont entre 25 et 40?ans. «Nous avons cherché à réunir des individus aux profils complémentaires», indique Fabien Thétaz. Chacun touchera 2000?francs pour sa participation à l’expérience.
Employée de commerce dans une multinationale de la Riviera, Madeleine n’a rien dit à sa hiérarchie. Juste qu’elle prenait quinze jours de vacances. Au programme: un week-end à Toulouse pour prendre l’air… et la claustration dès lundi matin! «Je me réjouis de vivre ça, confie-t-elle. Les gens sont très superficiels aujourd’hui. Tourner le dos pour un temps à la société de consommation et revenir à une vie plus basique, ça me plaît bien. Nous allons être obligés de communiquer. Dans 50?m2, ce sera difficile d’aller bouder dans son coin…»
La nourriture? Les cobayes n’auront le droit de commander que pour 20?francs de victuailles par jour – pour tous les quatre. «Ce sera intéressant, on va devoir s’organiser et rationaliser les menus», suppose Madeleine, pour qui la perspective «de perdre un peu de poids» n’est pas désagréable.
La Montheysanne avoue néanmoins une certaine appréhension en songeant aux trois inconnus avec qui elle devra cohabiter. Mère d’un fils adolescent, elle n’a jamais vécu en couple, et encore moins en communauté. «C’est l’aventure. Deux semaines, ça peut être une éternité! Il va falloir se débarrasser de ses mauvaises habitudes, j’imagine. Honnêtement, je ne sais pas dans quoi je mets les pieds.»
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