Cela s’apparente à une mobilisation générale. Tous le disent au moment de se lancer dans un chantier «unique», «exceptionnel», «d’ampleur nationale». De quoi ces Vaudois parlent-ils en termes si exaltés? De l’installation du Musée cantonal des beaux-arts (MCBA) à la gare de Lausanne, dans l’ancien dépôt des locomotives.
Cette vaste halle a été, hier, le théâtre d’une conférence de presse pour dévoiler la «structure du projet». Autrement dit, pour annoncer qui dirigera l’opération. Cela ne se résume pas en deux mots, mais peut-être en trois noms: Broulis, Meyer, Keller.
L’organigramme tient sur une page A4 en cinq couleurs. En haut, le comité de pilotage (Copil), fort de neuf membres. Son président: Pascal Broulis, également président du gouvernement vaudois, et aussi chef des Finances cantonales, ce qui a valeur de garantie pour la suite du projet.
Autour de lui, les trois partenaires publics du dossier: l’Etat de Vaud (avec les ministres Lyon et Marthaler), la ville de Lausanne (le syndic Brélaz et les municipaux Zamora et Français) et, enfin, les CFF, propriétaires du périmètre.
Personnalités de poids
Le deuxième effet de prestige intervient à ce stade. La délégation ferroviaire (trois membres) est emmenée par le tout grand chef des cheminots, Andreas Meyer lui-même, président de la direction des CFF.
Après Broulis et Meyer, question prestige, ne manque plus que l’artiste. C’est là que déboule Pierre Keller, directeur de l’Ecole cantonale d’art. Sa mention paraît d’abord modeste: il figure au titre de membre du deuxième organe de l’organigramme: le comité exécutif, constitué de onze cadres des services publics impliqués.
Président de cette instance, Bernard Decrauzat, qui a déjà dirigé le Groupe d’évaluation des sites pour un nouveau musée. A son habitude, cet ancien directeur du CHUV joue tout en modestie: «On m’a choisi pour mes qualités de médiateur, voire de pacificateur.» Il préside d’ailleurs un autre organe: le groupe de concertation, qui s’ouvrira à tous les milieux intéressés, de la culture au tourisme.
Pierre Keller sera à la tête d’un autre organe, directement lié au Copil: le groupe promotion, communication et recherche de fonds. Dans un troisième groupe, il s’occupera aussi, avec Bernard Decrauzat et Bernard Fibicher, directeur du MCBA, des «contacts avec les collectionneurs et artistes».
Cette «structure» complexe manifeste l’enjeu primordial qu’est devenu le futur musée, qui se greffe sur le développement de la gare de Lausanne projeté par les CFF. Comme l’indique Anne-Catherine Lyon, ministre de la Culture, un concours «restreint» sera lancé en vue d’une inauguration d’ici à 2015.