«C’est sans doute une blague d’étudiants», suppose Damien Revaz. Le président de Saint-Maurice, lui-même ancien élève du collège agaunois, connaît l’état d’esprit qui anime les gymnasiens en période d’examens finaux. Quand l’euphorie guette, l’audace n’est jamais bien loin…
Dans la nuit de mercredi à jeudi, des individus ont escaladé la falaise qui surplombe la vénérable abbaye valaisanne. Peut-être inspirés par les récentes épreuves de philosophie, ils y ont inscrit en grandes lettres blanches une célèbre phrase de Friedrich Nietzsche: «Dieu est mort». Dans Le Gai savoir, le poète allemand (1844-1900) ajoutait: «Et c’est nous qui l’avons tué!»
Provocation? Outrecuidance? Mgr Joseph Roduit, l’abbé territorial de Saint-Maurice, prend la chose avec le sourire. Interrogé par Le Nouvelliste, il s’inquiète surtout des risques pris par les auteurs de ces tags. Car l’aventure nocturne n’était pas sans danger. «Ils devaient s’y connaître en matériel de sécurité, renchérit Damien Revaz. Je l’espère pour eux, en tout cas!»
Aucune plainte ne sera déposée, selon le président. Comme tous les graffitis touchant le domaine public, le «Dieu est mort» sera effacé dans les plus brefs délais, assure-t-il. Pas de quoi troubler Nietzsche, finalement…