Débouté récemment par le Tribunal cantonal (24?heures du 18 janvier), Laurent Gueisbuhler n’admet pas que la Municipalité ait décidé de restreindre l’activité du Blonay’s Pub qu’il administre depuis cinq?ans. Depuis le 1er février, les heures d’ouverture de son établissement ont été drastiquement réduites. Les autorités ont fondé leur décision initiale sur le fait qu’elles estiment que les incivilités et les nuisances sonores générées au centre du village sont en partie imputables au Blonay’s Pub.
«J’ai l’impression de payer pour les autres, estime Laurent Gueisbuhler. La Municipalité de Blonay, par exemple, n’a jamais pris le problème des incivilités à bras-le-corps. Du reste, elle ne fait rien pour les jeunes. Sa seule décision est de me contraindre à limiter les activités de mon pub, reconnu par ailleurs comme lieu social par Jean de Gautard, le syndic de Saint-Légier (ndlr: village qui jouxte Blonay et dont les jeunes fréquentent le bar blonaysan). Je ne veux pas être le bouc émissaire.»
Pas responsable du tapage au village
Laurent Gueisbuhler a tenté de limiter la casse en améliorant l’acoustique de son bistrot et en plaçant du personnel de sécurité à la sortie du bar. Initiatives qui ont été reconnues. Mais pas suffisantes pour l’exécutif. «Nous avons prévenu ce monsieur à plusieurs reprises. La police également l’a alerté. Mais les nuisances ont perduré», plaide Henri Mérinat, syndic de Blonay. Le gérant dément: «C’est totalement faux. Entre janvier 2007 et août 2008, je n’ai eu aucune mise en garde. De surcroît, je ne peux pas être tenu pour responsable, et le Tribunal cantonal l’a admis, des débordements qui se déroulent la nuit aux quatre coins du village.»
Laurent Gueisbuhler, qui se sent floué, a donc décidé de se tourner vers le Tribunal fédéral. «Je pense que l’arrêt du Tribunal cantonal cultive quelques ambiguïtés. Il n’y a pas eu par exemple de dénonciation à proprement parler», poursuit le recourant. «Grand bien lui fasse. Notre avocate va s’en occuper. La Municipalité, quant à elle, doit continuer à concentrer son action sur les affaires d’intérêt général», explique Henri Mérinat.
Le cocasse de l’histoire tient dans le fait que Laurent Gueisbuhler a d’ores et déjà revendu son fonds de commerce pour se concentrer sur son autre exploitation: la Discothèque Imperia à Montreux. «J’avais déjà trouvé un repreneur même avant la décision du Tribunal cantonal.» Mais alors pourquoi recourir auprès de la juridiction suprême? «Pour une affaire de principe. Egalement pour que le prochain gérant ne soit pas aussi ennuyé que je l’ai été par les autorités», conclut Laurent Gueisbuhler.
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